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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, LSD, MDMA, Psilocybine
Publiée le 15 mai 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Christina Chwyl, Michael S. Ladka, Joshua C. Black, Karilynn M. Rockhill, Richard C. Dart, Jason B. Luoma, Andrew A. Monte
Résumé :

L’étude analyse la prévalence et les prédicteurs de la violence sexuelle et physique vécue lors de l’utilisation de substances psychédéliques au cours des 12 derniers mois. Elle s’appuie sur les données de l’enquête nationale “National Survey Investigating Hallucinogenic Trends (NSIHT)”.

L’étude observe qu’une proportion significative d’adultes ayant consommé des psychédéliques rapporte avoir subi une forme de violence. Elle identifie divers facteurs de risque, notamment les antécédents de troubles liés à l’usage de substances, l’instabilité du logement, le statut d’étudiant, l’âge jeune et certaines catégories raciales/ethniques, ainsi que les troubles de l’alimentation et le TDAH.

Les résultats mettent en lumière l’importance de développer des mesures de réduction des risques, non seulement dans les contextes thérapeutiques supervisés, mais également dans les cadres récréatifs et non supervisés, où la majorité des victimisations sont rapportées par des proches ou d’autres personnes.

Objectif :

L’étude vise à combler une lacune critique dans la recherche en examinant la prévalence de la violence sexuelle et physique vécue lors de l’utilisation de psychédéliques au cours des 12 derniers mois, ainsi qu’à identifier les facteurs de risque associés, au sein d’une population américaine.

Méthodologie :
  • Source de données : L’étude utilise les données de l’enquête nationale “National Survey Investigating Hallucinogenic Trends (NSIHT)”.
  • Recrutement : Les participants sont recrutés entre le 13 juin et le 28 juillet 2025, en évitant le suréchantillonnage d’individus fortement favorables ou défavorables à l’utilisation des psychédéliques.
  • Participants : L’échantillon comprend 1 964 participants recrutés dans tous les États américains.
  • Ajustements statistiques : Les estimations sont ajustées statistiquement par pondération de calibration afin de représenter la population nationale américaine. Les métriques démographiques, de santé et d’usage de substances sont calibrées par rapport aux références des enquêtes fédérales basées sur la probabilité.
  • Définitions : Les questions relatives à la violence sexuelle et physique s’alignent sur des définitions standards.
Résultats principaux :
  • Prévalence globale de la violence : 9,8 % (IC à 95 % : 8,2-11,4) des adultes ayant consommé des psychédéliques au cours des 12 derniers mois déclarent avoir subi une violence physique ou sexuelle sous l’influence d’une substance psychédélique.
  • Prévalence spécifique : La violence sexuelle est rapportée par 7,2 % (IC à 95 % : 5,7-8,6) des participants, et la violence physique par 7,5 % (IC à 95 % : 6,0-8,9 %).
  • Relation avec l’agresseur : Pour les agressions sexuelles, 39,8 % des victimes identifient l’agresseur comme un « fournisseur, facilitateur ou guide », 36,4 % comme un « partenaire ou un proche » et 33,1 % comme « quelqu’un d’autre ».
  • Violence selon le psychédélique : Les taux d’agression sexuelle sont de 5,4 % lors de l’utilisation du LSD, 4,4 % pour la MDMA et 1,7 % pour la Psilocybine. Des psychédéliques moins couramment utilisés pourraient être associés à un risque plus élevé.
  • Facteurs de risque associés :
    – Les antécédents de troubles liés à l’usage de substances sont associés aux taux les plus élevés de violence sexuelle et physique (40,9 % pour le cannabis, 35,6 % pour les opioïdes, 29,7 % pour l’alcool, contre 3,6 % en l’absence de ces antécédents).
    – L’instabilité du logement, le statut d’étudiant et le jeune âge (18-24 ans) sont des facteurs de risque sociodémographiques notables.
    – Certaines catégories raciales/ethniques (Hispanique/Latino 17,3 %, Noir ou Afro-Américain 16,1 %, Asiatique 15,9 %) connaissent des risques différentiels.
    – Les antécédents de troubles de l’alimentation (20,7 %) et de TDAH (16,3 %) sont également associés à des taux élevés de violence.
    – Les antécédents de troubles anxieux, de dépression majeure ou de SSPT montrent des taux plus faibles de violence (10,1-12,5 %).
  • Absence de facteurs de risque : Le statut socio-économique et le genre n’apparaissent pas comme des facteurs de risque dans cette étude.
  • Raisons d’utilisation : 87,4 % des participants déclarent des raisons récréatives pour l’usage des psychédéliques.
Implications cliniques :

L’étude souligne le besoin urgent de recherches supplémentaires, de politiques, de réduction des risques et d’efforts de prévention de la violence dans le contexte de l’utilisation des psychédéliques. Elle recommande de tester et de mettre en œuvre des interventions de prévention fondées sur des preuves (par exemple, la formation des témoins) dans des contextes d’utilisation à haut risque (par exemple, les collèges, les refuges).

Les facteurs de risque identifiés peuvent informer les ressources de réduction des risques et de soutien sur mesure. L’étude met en évidence la nécessité cruciale de documenter les résultats de sécurité des psychédéliques par le biais d’études généralisables à la population, à l’échelle internationale. Enfin, les découvertes de l’étude soulignent l’impératif de fournir un soutien en matière de réduction des risques dans les contextes d’utilisation récréative et non supervisée de psychédéliques, étant donné que la majorité des participants citent des raisons récréatives et sont victimes de proches ou de « quelqu’un d’autre », et pas seulement de fournisseurs ou de facilitateurs.

Publication complète :

https://doi.org/10.1002/wps.70071

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