L’étude analyse les propriétés psychoactives de la 4-bromo-2,5-diméthoxyphénéthylamine (2C-B), potentiellement similaires à la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA) et à la psilocybine, qui sont actuellement explorées pour le traitement du trouble de stress post-traumatique et des troubles dépressifs. Elle compare les effets aigus de la 2C-B (10, 20 et 30 mg), de la MDMA (125 mg) et de la psilocybine (25 mg) chez 24 participants sains (12 femmes, 12 hommes) dans le cadre d’une étude en double aveugle, randomisée, contrôlée par placebo et croisée.
Les mesures incluent les effets subjectifs aigus, les effets autonomes, les effets indésirables, les effets sur l’empathie émotionnelle et cognitive, les concentrations plasmatiques d’ocytocine et de neurophysine I, ainsi que la pharmacocinétique sur 9 heures. La 2C-B produit des effets subjectifs dose-dépendants, la dose de 30 mg exerçant des “effets de la substance” comparables à la MDMA, mais plus faibles que la psilocybine. Seule la psilocybine induit des “mauvais effets de la substance” et de l'”anxiété” par rapport au placebo. La dose de 30 mg de 2C-B induit des altérations de l’état de conscience de type psychédélique et augmente l’empathie émotionnelle de manière similaire à la MDMA.
La durée moyenne des effets subjectifs de la 2C-B à 30 mg est de 4,9 heures, similaire à la MDMA (4,8 heures) et plus courte que la psilocybine (6,1 heures). La MDMA produit la stimulation cardiovasculaire la plus élevée, suivie par la psilocybine et la 2C-B. Seule la MDMA augmente les concentrations plasmatiques d’ocytocine et de neurophysine I. La 2C-B présente une pharmacocinétique proportionnelle à la dose, avec une demi-vie d’élimination plasmatique d’environ 1,3 heure. La dose de 30 mg de 2C-B induit des effets entactogènes et psychédéliques de manière similaire à la MDMA et à la psilocybine, respectivement. La MDMA est plus cardiostimulante que la psilocybine et la 2C-B. Aux doses testées, la psilocybine est plus anxiogène que la MDMA et la 2C-B.
Ces résultats contribuent à la détermination des doses pour les futures recherches sur la 2C-B et offrent une comparaison directe avec les doses standard des composés prototypiques que sont la MDMA et la psilocybine. L’essai est enregistré sous l’identifiant ClinicalTrials.gov : NCT05523401.
L’étude vise à caractériser les effets aigus subjectifs, empathogènes, autonomes et endocriniens de la 2C-B (10, 20 et 30 mg) chez des participants sains.
Elle compare ces effets avec ceux de substances prototypiques ayant des profils récepteurs similaires : la MDMA (125 mg) et la psilocybine (25 mg), afin d’évaluer comment leurs profils in vitro se traduisent en effets pharmacodynamiques chez des participants sains à l’aide d’outils bien établis et sensibles.
- Conception de l’étude : L’étude utilise une conception en double aveugle, contrôlée par placebo, randomisée et croisée avec six sessions de test expérimentales. Des périodes de sevrage d’au moins 10 jours sont respectées entre les jours de test.
- Participants : L’étude inclut 24 participants sains (12 femmes, 12 hommes), avec un âge moyen de 36 ± 9 ans et un poids moyen de 68 ± 12 kg. Tous les participants fournissent un consentement éclairé écrit et sont rémunérés pour leur participation.
- Substances administrées : L’étude évalue le placebo, la 2C-B à trois doses (10 mg, 20 mg et 30 mg), la MDMA à 125 mg et la psilocybine à 25 mg.
- Procédures : Les procédures comprennent une visite de dépistage, six sessions de test de 10 heures et une visite de fin d’étude. Les mesures des résultats sont évaluées de manière répétée pendant 9 heures après l’administration des substances.
- Mesures des effets subjectifs : Les effets subjectifs sont évalués à l’aide d’échelles analogiques visuelles (VAS) et de l’Adjective Mood Rating Scale (AMRS). Les échelles 5 Dimensions of Altered States of Consciousness (5D-ASC) et Psychedelic Experience Scale (PES) sont administrées 9 heures après l’administration pour évaluer rétrospectivement les effets psychédéliques et mystiques.
- Effets autonomes et indésirables : La pression artérielle, la fréquence cardiaque et la température corporelle tympanique sont mesurées. Les effets indésirables sont évalués à l’aide de la “List of Complaints”. Un électrocardiogramme (ECG) est réalisé avant et 2 heures après l’administration.
- Pharmacocinétique : Les concentrations plasmatiques sont déterminées par chromatographie liquide-spectrométrie de masse en tandem. Les paramètres pharmacocinétiques sont estimés à l’aide de méthodes non compartimentales.
- Cognition sociale : Les aspects cognitifs et émotionnels de l’empathie sont évalués par le Multifaceted Empathy Test (MET) réalisé 3 heures après l’administration. La capacité à reconnaître les émotions à partir des expressions faciales est mesurée par la Facial Emotion Recognition Task (FERT) après le MET.
- Effets endocriniens : Les niveaux plasmatiques d’ocytocine et de neurophysine I sont mesurés avant et 1,5, 3 et 6 heures après l’administration.
- Analyse des données : Les différences intra-sujets entre les conditions sont analysées à l’aide d’ANOVA à mesures répétées, avec des comparaisons post hoc appariées effectuées avec la correction de Tukey. Les tailles d’effet sont rapportées.
- Effets subjectifs : La 2C-B produit des effets subjectifs dose-dépendants. La dose de 30 mg de 2C-B induit des “effets de la substance” comparables à la MDMA, mais plus faibles que la psilocybine. La 2C-B (30 mg), la MDMA et la psilocybine induisent des “bons effets de la substance” et des sensations de “planer” similaires, tandis que seule la psilocybine induit des “mauvais effets de la substance” et de l'”anxiété” significatifs.
- Altérations de conscience : La 2C-B à 30 mg induit des altérations de l’état de conscience de type psychédélique et augmente l’empathie émotionnelle de manière similaire à la MDMA. Les altérations de l’état de conscience induites par la 2C-B sont moindres que celles de la psilocybine mais plus fortes que celles de la MDMA, particulièrement pour les altérations de la vision, de l’ouïe, la synesthésie audiovisuelle, l’altération de la perception du temps et la dissolution de l’ego.
- Durée des effets : La durée moyenne des effets subjectifs de la 2C-B à 30 mg est de 4,9 heures, similaire à la MDMA (4,8 heures) et plus courte que la psilocybine (6,1 heures).
- Effets interpersonnels : Les doses de 2C-B (20 et 30 mg), la MDMA et la psilocybine augmentent la “confiance”, l'”ouverture”, la “proximité avec les autres” et le “désir d’être avec les autres”. La 2C-B à 30 mg et la psilocybine augmentent également le “désir d’être seul”.
- Effets autonomes : La MDMA produit la stimulation cardiovasculaire la plus élevée, suivie par la psilocybine et la 2C-B. La 2C-B induit des augmentations dose-dépendants mais légères de la pression artérielle. La 2C-B (30 mg) augmente la fréquence cardiaque de manière similaire à la psilocybine, mais moins que la MDMA. La psilocybine et les doses de 2C-B (20 et 30 mg) augmentent la température corporelle.
- Effets endocriniens : Seule la MDMA augmente les niveaux plasmatiques d’ocytocine et de neurophysine I. La 2C-B et la psilocybine ne modifient pas ces niveaux.
- Pharmacocinétique : La 2C-B présente une pharmacocinétique proportionnelle à la dose, avec une demi-vie d’élimination plasmatique d’environ 1,3 heure.
- Cognition sociale : La MDMA et la 2C-B à 30 mg augmentent l’empathie émotionnelle explicite. La psilocybine diminue l’empathie cognitive et la reconnaissance des émotions. La 2C-B et la MDMA n’affectent pas significativement la reconnaissance des émotions.
- Aveuglement : Les participants identifient correctement la MDMA et le placebo (79% et 67%). L’identification correcte de la 2C-B (30 mg) et de la psilocybine est plus faible (38% et 52%), la 2C-B étant souvent confondue avec la psilocybine.
L’étude caractérise les effets dose-dépendants de la 2C-B, démontrant des propriétés entactogènes et psychédéliques qui chevauchent celles de la MDMA et de la psilocybine, surtout à des doses plus élevées.
Les résultats contribuent à la détermination des doses pour les recherches futures sur la 2C-B et offrent une comparaison directe avec les doses standard des composés prototypiques MDMA et psilocybine.
La durée d’action plus courte de la 2C-B par rapport à la psilocybine peut représenter un avantage en pratique clinique. De plus, la 2C-B présente un profil de sécurité cardiovasculaire plus favorable et induit moins de détresse psychologique que la psilocybine.
L’étude est la première à comparer directement la psilocybine et la MDMA chez les mêmes participants, révélant que ces deux substances induisent des effets subjectifs distincts malgré des niveaux d’effets positifs comparables.
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