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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 13 avril 2026
Type : Protocole d'étude
Auteurs : J. Kim Penberthy, Fatma A. Wise, Nicholas Cherup, J. Morgan Penberthy, Evaline Mitchell, Madeline Burns, Oluwafunmilayo Akinlade, David Chung, Harshit Parmar, Jonathan Singer
Résumé :

Le trouble du deuil prolongé (PGD) affecte environ 10% des personnes endeuillées et est maintenant formellement reconnu dans le DSM-5-TR et la CIM-11. Malgré sa prévalence, ce trouble répond souvent mal aux approches thérapeutiques traditionnelles. Ce manuscrit décrit le protocole d’un essai de faisabilité en ouvert, en phase précoce, qui investigue l’utilisation de la psilocybine, une substance psychédélique, pour traiter le PGD chez les adultes, avec un accent particulier sur les jeunes adultes.

L’étude inclut 20 participants diagnostiqués avec un PGD. Chaque participant suit un processus thérapeutique structuré comprenant une session préparatoire, une dose unique de 25 mg de psilocybine, et une intégration post-session. Tout au long de l’étude, les participants sont suivis via des évaluations de symptômes, incluant des données qualitatives et quantitatives. Les principaux objectifs concernent la sécurité, la faisabilité et l’acceptabilité. Des examens d’IRM fonctionnelle (IRMf) sont réalisés avant et après l’administration de la dose, collectés lors d’une méthodologie standardisée d’élicitation du deuil.

Les principaux critères d’évaluation incluent les changements dans la sévérité des symptômes du PGD et du trauma, la flexibilité cognitive, l’ouverture à l’expérience, le sens de la vie et les expériences subjectives durant la session de psilocybine. L’activité neuronale est également évaluée par IRMf pour mieux comprendre les effets neurobiologiques du traitement. Cette recherche représente l’un des premiers protocoles cliniques spécifiquement axés sur le potentiel de la psilocybine pour traiter le PGD. L’objectif est d’évaluer la faisabilité et la sécurité, tout en préparant le terrain pour de futurs essais contrôlés randomisés.

Objectif :

Les objectifs principaux de cette étude sont d’évaluer la faisabilité (en termes de recrutement et de rétention), l’acceptabilité et la sécurité d’une session unique de 25 mg de psilocybine chez des individus atteints de trouble du deuil prolongé (PGD).

Un objectif secondaire est d’évaluer les changements dans les symptômes du PGD, y compris les symptômes dépressifs. De plus, l’étude formule des hypothèses exploratoires concernant l’impact positif sur les symptômes de trauma et le fonctionnement psychosocial.

Un objectif exploratoire supplémentaire vise à examiner les corrélats neuronaux potentiels de la réponse thérapeutique en utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) avant et après l’intervention. L’étude cherche également à caractériser la phénoménologie de l’expérience avec la psilocybine. Les hypothèses postulent que l’intervention sera bien tolérée, que les participants montreront une réduction des symptômes de PGD et une amélioration du fonctionnement, et qu’ils vivront des expériences subjectives fortes de connexion et de sens qui seront corrélées aux bénéfices cliniques.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Il s’agit d’un protocole pour une étude de faisabilité à bras unique et en ouvert.
  • Participants : L’étude prévoit de recruter 20 participants, âgés de 18 à 65 ans, répondant aux critères diagnostiques du PGD selon le DSM-5-TR, avec un accent particulier sur le recrutement de jeunes adultes (18-30 ans).
  • Intervention : Chaque participant reçoit une dose orale unique de 25 mg de psilocybine dans un environnement contrôlé et avec un soutien psychologique.
  • Procédure : Le protocole thérapeutique est structuré et comprend des sessions de préparation avant l’administration de la psilocybine, la session de dosage elle-même, et deux sessions d’intégration semi-structurées dans les deux semaines suivantes. Un suivi est effectué jusqu’à six mois après la session.
  • Collecte de données : Une approche multimodale est utilisée, intégrant des mesures quantitatives (questionnaires auto-rapportés), des entretiens qualitatifs microphénoménologiques et des données de neuroimagerie fonctionnelle (IRMf).
  • Neuroimagerie : Des sessions d’IRMf sont menées avant et après l’intervention pour évaluer la modulation des circuits de régulation émotionnelle. Celles-ci incluent un IRMf à l’état de repos et une tâche d’élicitation du deuil.
Résultats principaux :

Ce document étant un protocole d’étude, il ne présente pas de résultats finaux. Il définit les critères d’évaluation qui seront mesurés.

  • Critères principaux : L’étude évalue la faisabilité (taux de recrutement et de rétention), l’acceptabilité et la sécurité (événements indésirables, données de sécurité).
  • Critères cliniques secondaires : Les changements dans la sévérité des symptômes du deuil prolongé (mesurés par l’Inventaire du Deuil Compliqué – ICG) et des symptômes de stress post-traumatique (échelle de trauma de Davidson – DTS) sont évalués à différents points de suivi (immédiatement après, et à un, trois et six mois).
  • Critères exploratoires : L’étude examine les expériences subjectives aiguës (évaluées par le questionnaire sur l’expérience mystique – MEQ, le questionnaire sur les expériences difficiles – CEQ), ainsi que les changements dans la flexibilité psychologique, le sens de la vie et les traits de personnalité.
  • Données de neuroimagerie : Les analyses exploratoires d’IRMf visent à identifier les changements dans l’activité et la connectivité des réseaux cérébraux liés à la régulation des émotions et au deuil.
Implications cliniques :

Cette étude est conçue pour fournir des données initiales essentielles sur l’utilisation de la psilocybine pour le trouble du deuil prolongé (PGD), en établissant des procédures fondamentales, des mesures et des paramètres de sécurité pour cette population spécifique. Les conclusions informeront sur la faisabilité, la détection de signal thérapeutique et les caractéristiques de conception nécessaires pour optimiser les futurs essais contrôlés randomisés sur la thérapie assistée par psychédéliques axée sur le deuil.

Cette recherche pourrait apporter une contribution significative à la littérature émergente sur la thérapie assistée par substances psychédéliques, étant l’une des premières à investiguer systématiquement la psilocybine pour le PGD, une condition montrant une réponse limitée aux traitements standards. Sur le plan méthodologique, elle combine un cadre thérapeutique structuré avec des évaluations qualitatives, quantitatives et de neuroimagerie, posant ainsi les bases pour l’identification de marqueurs psychologiques et neurobiologiques prédictifs de la réponse au traitement.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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