L’exposition prénatale à l’alcool (EPA) peut causer des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF), caractérisés par un dysfonctionnement des circuits neuronaux et du comportement dû à une altération du développement cérébral. Au niveau neuronal, l’EPA est associée à une perturbation de la transmission synaptique corticale et à des déficits cognitifs. Malgré la prévalence des TSAF, il n’existe actuellement aucun traitement pour inverser ce dysfonctionnement des circuits neuronaux.
Cette étude utilise l’électrophysiologie par patch-clamp en cellule entière pour examiner l’excitabilité intrinsèque et l’activité synaptique dans les neurones pyramidaux du cortex préfrontal (CPF) de souris adolescentes exposées à l’éthanol avant la naissance. Ces souris reçoivent ensuite une injection unique de solution saline ou de 25CN-NBOH, un neuroplastogène psychédélique.
Les résultats indiquent que l’EPA réduit l’excitabilité intrinsèque et l’influx synaptique dans les neurones pyramidaux du CPF. Le traitement au 25CN-NBOH sauve partiellement les déficits d’excitabilité intrinsèque et restaure l’influx synaptique. Les auteurs concluent que les neuroplastogènes psychédéliques pourraient être des candidats thérapeutiques prometteurs pour les déficits synaptiques liés à l’EPA et méritent une exploration plus approfondie dans des modèles précliniques.
L’objectif de cette étude est de déterminer si une dose unique d’une substance psychédélique, le 25CN-NBOH, peut corriger les déficits de circuits dans le cortex préfrontal associés à l’exposition prénatale à l’alcool (EPA). Les chercheurs émettent l’hypothèse qu’un traitement psychédélique chez des souris adolescentes peut réparer les altérations de la connectivité synaptique et de l’excitabilité neuronale induites par l’EPA.
- Participants : L’étude est menée sur des souris adolescentes (âgées de 29 à 49 jours postnatals) issues d’un modèle d’exposition prénatale à l’alcool (EPA).
- Modèle expérimental : Les souris gestantes ont consommé une solution d’éthanol à 6,6% en remplacement de leur eau de boisson, exposant ainsi leur progéniture à l’alcool in utero.
- Intervention : Les souris adolescentes issues du modèle EPA reçoivent une injection intrapéritonéale unique soit d’une solution saline (groupe contrôle), soit du 25CN-NBOH (10 mg/kg), un agoniste sélectif des récepteurs 5-HT2A.
- Mesures : 24 à 48 heures après l’injection, des enregistrements électrophysiologiques par patch-clamp en cellule entière sont réalisés sur des tranches de cerveau pour mesurer l’excitabilité intrinsèque et les courants post-synaptiques excitateurs spontanés (sEPSCs) des neurones pyramidaux de la couche 5 du cortex préfrontal.
- Effet de l’EPA : L’exposition prénatale à l’alcool réduit de manière significative l’excitabilité intrinsèque (fréquence de décharge maximale, gain f-I) et l’influx synaptique excitateur (fréquence des sEPSCs) dans les neurones pyramidaux du cortex préfrontal, par rapport aux animaux témoins non exposés.
- Effet du traitement psychédélique : Une dose unique de 25CN-NBOH administrée aux souris EPA augmente l’excitabilité neuronale, restaurant partiellement les déficits observés (par exemple, augmentation de la fréquence de décharge maximale et du nombre total de potentiels d’action).
- Restauration synaptique : Le traitement au 25CN-NBOH restaure complètement l’influx synaptique excitateur chez les souris EPA, la fréquence des sEPSCs revenant à des niveaux indiscernables de ceux des animaux témoins sains.
Cette étude fournit la première preuve préclinique qu’une substance psychédélique peut réparer les déficits électrophysiologiques dans le cortex préfrontal causés par une exposition prénatale à l’alcool. Les résultats suggèrent que les neuroplastogènes psychédéliques, en restaurant la fonction synaptique, représentent une piste thérapeutique prometteuse pour le traitement des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF).
Les auteurs soulignent la nécessité de recherches supplémentaires pour évaluer l’impact comportemental de ce traitement et explorer le potentiel d’analogues non hallucinogènes qui induisent également la neuroplasticité. Ces travaux établissent un cadre mécanistique pour l’utilisation potentielle des substances psychédéliques afin de remédier aux pathologies des circuits neuronaux associées à l’EPA.
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