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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 16 mars 2026
Type : Etude préclinique
Auteurs : Ryan J. Keenan, Rifa T. Haque, Xiangjun Jin, Tomris Mustafa, Jihane Homman-Ludiye, Kayla Elysee, Zi Shan Wee, Stephanie E. Simonds, Claire J. Foldi, Michael A. Cowley
Résumé :

L’obésité prolongée induit des changements structurels durables au sein des circuits neuronaux, ce qui contribue à maintenir le corps à un poids corporel élevé. Ces circuits régulent divers mécanismes pouvant inhiber une perte de poids extrême ou persistante. Une stratégie thérapeutique potentielle consiste donc à promouvoir la plasticité structurelle dans le cerveau. Les substances psychédéliques, comme la psilocybine, favorisent la plasticité neuronale par une croissance rapide et persistante des épines dendritiques, facilitant le remodelage des circuits neuronaux.

Cette étude évalue les effets d’une dose unique de psilocybine sur le poids corporel, la prise alimentaire et la dépense énergétique chez des souris obèses (induite par l’alimentation, DIO) passées à un régime pauvre en graisses. Les résultats montrent que la psilocybine accentue la perte de poids induite par le régime sur une période de quatre semaines chez ces souris et augmente leur susceptibilité à une perte de poids plus importante. La psilocybine semble exercer ces effets principalement en modulant la prise alimentaire, sans influencer la dépense énergétique.

Aucune différence n’est observée sur le poids corporel ou la prise alimentaire chez les souris DIO maintenues sous un régime riche en graisses. Cela indique que la psilocybine ne favorise pas directement la perte de poids ou la réduction de la prise alimentaire. Elle pourrait plutôt faciliter la perte de poids lorsqu’elle est administrée en combinaison avec d’autres interventions. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour examiner les mécanismes précis impliqués, mais ces données soutiennent une investigation plus approfondie de l’utilisation des substances psychédéliques comme thérapie d’appoint pour l’obésité.

Objectif :

L’objectif de cette étude est d’évaluer l’influence à plus long terme d’une dose unique de psilocybine (1 mg/kg) sur le poids corporel, la prise alimentaire et la dépense énergétique chez des souris obèses induites par l’alimentation (DIO) et passées à un régime pauvre en graisses.

Méthodologie :
  • Sujets : Des souris mâles de type sauvage C57BL/6J rendues obèses par un régime riche en graisses (HFD) pendant 16 à 20 semaines.
  • Intervention : Les souris reçoivent une injection intrapéritonéale unique de psilocybine (1 mg/kg) ou d’une solution saline. Après l’injection, la moitié des souris est passée à un régime standard pauvre en graisses (Chow) tandis que l’autre moitié est maintenue sous HFD pendant 28 jours.
  • Mesures : Le poids corporel et la prise alimentaire sont mesurés quotidiennement. La dépense énergétique et le métabolisme sont évalués par calorimétrie indirecte à plusieurs moments de l’étude.
  • Analyses post-mortem : L’immunohistochimie est réalisée sur des coupes de cerveau pour évaluer les niveaux de protéines synaptiques (PSD-95 et synapsine-1) dans le cortex préfrontal médial (mPFC), l’hypothalamus dorsomédian (DMH) et le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus (PVN).
Résultats principaux :
  • Perte de poids : La psilocybine accentue significativement la perte de poids induite par le régime chez les souris obèses passées à un régime pauvre en graisses. Elle augmente la probabilité que les souris deviennent “susceptibles” à une perte de poids plus prononcée (>13%).
  • Effet sur le régime riche en graisses : La psilocybine n’a aucun effet sur le poids corporel ou la prise alimentaire chez les souris qui restent sous un régime riche en graisses, suggérant qu’elle n’induit pas de perte de poids par elle-même.
  • Prise alimentaire : L’effet de la psilocybine sur la perte de poids est principalement attribué à une réduction de la prise alimentaire chez les souris ‘susceptibles’, plutôt qu’à une modification de la dépense énergétique.
  • Dépense énergétique : Aucun effet de la psilocybine sur le métabolisme ou la dépense énergétique n’est observé, que les souris soient sous régime riche ou pauvre en graisses.
  • Marqueurs synaptiques : Trente jours après l’injection, la psilocybine ne modifie pas les niveaux des protéines synaptiques PSD-95 ou synapsine-1 dans les régions cérébrales analysées.
Implications cliniques :

L’étude démontre qu’une dose unique de psilocybine accentue la perte de poids et augmente la susceptibilité à une perte de poids importante chez des souris obèses soumises à une intervention diététique. La psilocybine ne semble pas agir comme un coupe-faim conventionnel ou promouvoir directement la perte de poids, car elle n’a aucun effet chez les souris maintenues sous un régime riche en graisses.

Ces résultats suggèrent que la psilocybine fonctionne plutôt comme un catalyseur de la neuroadaptation lors de périodes de changement comportemental, comme un changement de régime. Son potentiel thérapeutique pour l’obésité pourrait être maximisé lorsqu’elle est administrée en conjonction avec des interventions sur le mode de vie. L’étude fournit des preuves fonctionnelles pour justifier de plus amples recherches sur l’utilisation des substances psychédéliques comme thérapie d’appoint pour l’obésité.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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