Le microdosage de substances psychédéliques est un phénomène qui prétend offrir des bénéfices cognitifs relativement peu testés cliniquement. Des études précliniques montrent que les psychédéliques ont des effets stimulants sur la neuroplasticité, un processus qui ne peut être mesuré directement chez l’humain mais qui peut être indexé par des paradigmes d’électroencéphalographie (EEG) non invasifs.
Cette étude utilise un paradigme EEG de potentialisation visuelle à long terme (PLT) pour évaluer les effets de microdoses de diéthylamide de l’acide lysergique (LSD) sur la plasticité neuronale, à la fois de manière aiguë sous l’effet de la substance et de manière cumulative après un microdosage tous les trois jours pendant six semaines. L’étude présente les analyses des potentiels évoqués (ERP) ainsi qu’une modélisation causale dynamique (DCM) des données pour élucider les circuits synaptiques sous-jacents.
L’étude vise à tester les effets de microdoses de LSD sur la plasticité neuronale en utilisant un paradigme de potentialisation visuelle à long terme (PLT) mesurée par EEG. Les objectifs sont d’évaluer ces effets à la fois de manière aiguë, 2,5 heures après une dose unique de 10 µg de LSD ou de placebo, et de manière cumulative, après six semaines de microdosages répétés. L’étude cherche également à élucider les circuits synaptiques sous-jacents aux changements observés grâce à une modélisation thalamo-corticale (TCM) du cortex visuel.
- Participants : L’étude inclut 80 hommes adultes en bonne santé.
- Conception : Il s’agit d’un essai randomisé et contrôlé. Les participants sont répartis dans un groupe recevant 10 µg de LSD et un groupe recevant un placebo inactif.
- Protocole : Les participants complètent le paradigme de PLT visuelle à trois moments : au départ (baseline), 2,5 heures après la prise d’une dose (session de traitement), et six semaines plus tard, après avoir pris 14 microdoses répétées (session finale).
- Mesures : La PLT visuellement induite est utilisée comme indice indirect de la plasticité neuronale. Les analyses se basent sur les potentiels évoqués (ERP) mesurés en surface et sur une modélisation causale dynamique (DCM) des données localisées à la source.
- Analyse des potentiels évoqués (ERP) : Les analyses des composantes N1b et P2 des ERP ne montrent aucune preuve de changements dans la PLT visuellement induite par le LSD, que ce soit de manière aiguë ou après 6 semaines de dosage régulier.
- Modélisation thalamo-corticale (TCM) : La modélisation de l’ensemble du cours temporel de l’ERP avec le TCM révèle des changements dans la connectivité laminaire au sein du cortex visuel primaire.
- Effets aigus : Des changements sont observés principalement dans les paramètres de gain propre et d’entrée inhibitrice. La connectivité excitatrice de la couche 2/3 vers la couche 5 est également différente entre les groupes LSD et placebo.
- Effets cumulatifs : Après un dosage régulier sur six semaines, seules l’entrée excitatrice de la couche 2/3 dans la couche 5 et l’entrée inhibitrice dans la couche 4 demeurent différentes entre les groupes.
Les conclusions de l’étude suggèrent que l’analyse classique des pics de potentiels évoqués (ERP) pourrait ne pas être suffisamment sensible pour détecter des changements dans la plasticité de la PLT chez l’humain à de si faibles doses de LSD. L’absence de modulation des ERP rend difficile la comparaison des résultats avec d’autres recherches sur la PLT induite visuellement.
En revanche, la modélisation thalamo-corticale (TCM) se révèle être une approche plus sensible. Elle permet d’évaluer les changements de plasticité en détectant des différences dans la connectivité laminaire médiée par la plasticité entre les groupes LSD et placebo, même en l’absence de signaux clairs au niveau des ERP. Cette approche de modélisation semble donc plus appropriée pour examiner les effets de faibles doses de substances psychédéliques.
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