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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT
Publiée le 30 janvier 2026
Type : Rapport de recherche préliminaire
Auteurs : Luiz Roberto Fernandes Pereira, Wigínio Gabriel Lira-Bandeira, Andréa Silva Medeiros-Bandeira, Lílian Andrade Carlos de Mendonça, Fernando Vagner Lobo Ladd, Maria Lara Porpino de Meiroz Grilo, Jeferson Souza Cavalcante, Nicole Leite Galvão-Coelho, Expedito Silva Nascimento Jr
Résumé :

Le trouble dépressif majeur demeure un problème de santé mentale invalidant, avec une prévalence croissante chez les adolescents. Des études récentes soulignent le rôle critique du cortex somatosensoriel dans la neuropathologie de la dépression. Cette étude examine les effets prophylactiques de l’ayahuasca, une décoction psychédélique classique, sur les altérations morphologiques du cortex somatosensoriel induites par le stress chronique chez de jeunes primates non humains mâles (Callithrix jacchus).

En utilisant un modèle d’isolement social pour simuler un stress chronique, l’étude emploie des techniques stéréologiques pour évaluer le volume neuronal, la densité et l’organisation corticale dans trois groupes : un groupe familial (FG), un groupe isolé (IG) et un groupe traité à l’ayahuasca (AG). L’ayahuasca est administrée avant et pendant la période d’isolement.

Les résultats révèlent une réduction significative du volume neuronal dans le groupe IG par rapport au groupe FG, tandis que le groupe AG présente des volumes neuronaux comparables à ceux du groupe FG, ce qui suggère un effet prophylactique de l’ayahuasca. Bien que les différences de densité neuronale et de volume cortical ne soient pas statistiquement confirmées, les tendances indiquent une potentielle préservation de la structure corticale dans le groupe AG. Ces résultats préliminaires soulignent le potentiel de l’ayahuasca pour atténuer l’atrophie corticale induite par le stress et mettent en évidence son influence sur la plasticité neuronale.

Objectif :

L’étude vise à examiner les effets prophylactiques de l’ayahuasca sur les changements morphologiques dans le cortex somatosensoriel induits par le stress chronique chez de jeunes primates non humains.

En utilisant des techniques stéréologiques, l’étude a pour objectif d’élucider les effets morphoquantitatifs de l’ayahuasca sur cette région cérébrale chez des animaux soumis à un protocole d’isolement social, afin de mieux comprendre la physiopathologie de la dépression et d’orienter les recherches futures sur de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude utilise des échantillons de cerveau de six ouistitis mâles juvéniles (Callithrix jacchus), âgés de 7 à 9 mois au début du protocole. Les animaux sont répartis en trois groupes (n=2 chacun) : un groupe contrôle familial (FG), un groupe isolé (IG) et un groupe traité à l’ayahuasca (AG).
  • Modèle expérimental : Un protocole de stress chronique par isolement social est appliqué pendant 9 semaines aux groupes IG et AG. Le groupe FG reste en permanence avec sa famille.
  • Administration de la substance : Le groupe AG reçoit trois doses d’ayahuasca (1,67 mL/300 g) par gavage oral. La première dose est administrée trois jours avant le début de l’isolement, suivie de deux doses supplémentaires aux jours 25 et 50. La composition de la décoction inclut de la DMT, de l’harmine, de l’harmaline et de la tétrahydroharmine.
  • Analyse histologique : Des sections coronales en série du cerveau sont examinées. Des techniques stéréologiques (coloration de Nissl, principe de Cavalieri, fractionnateur optique) sont utilisées pour estimer le volume cortical, le volume neuronal, le nombre total de neurones et la densité neuronale dans le cortex somatosensoriel.
  • Analyse statistique : En raison de la non-conformité des données à une distribution normale, un test non paramétrique de Kruskal-Wallis, suivi d’un test post-hoc de Dunn, est utilisé pour comparer les médianes entre les trois groupes.
Résultats principaux :
  • Volume neuronal : Une réduction statistiquement significative du volume neuronal moyen est observée dans le cortex somatosensoriel du groupe isolé (IG) par rapport au groupe familial (FG). Le groupe traité à l’ayahuasca (AG) présente des volumes neuronaux significativement plus élevés que le groupe IG et comparables à ceux du groupe FG, ce qui indique un effet protecteur.
  • Volume cortical et nombre de neurones : Bien que non statistiquement significatif, le volume cortical estimé et le nombre de neurones montrent une tendance à être plus élevés dans le groupe AG par rapport aux groupes IG et FG.
  • Densité neuronale : Les groupes IG et AG affichent tous deux des densités neuronales réduites par rapport au groupe FG.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude suggèrent que l’ayahuasca possède un potentiel prophylactique, capable de préserver les volumes neuronaux dans le cortex somatosensoriel face à un stress chronique. Ces données préliminaires appuient l’idée que l’ayahuasca peut atténuer l’atrophie corticale induite par le stress et influencer positivement la plasticité neuronale.

Cette recherche fournit une base de données probantes pour explorer l’ayahuasca comme une nouvelle stratégie thérapeutique pour les troubles psychiatriques liés au stress, en particulier chez les populations adolescentes. L’utilisation d’un modèle de primate non humain renforce la pertinence translationnelle des résultats pour l’homme.

Les auteurs reconnaissent plusieurs limites, notamment la petite taille de l’échantillon, l’absence de sujets féminins et l’absence d’un groupe contrôle recevant un placebo (sham gavage). Des recherches futures sont nécessaires avec des cohortes plus larges et des analyses des mécanismes moléculaires sous-jacents, comme les niveaux de BDNF, pour consolider ces observations.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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