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Psychédélique(s) étudié(s) : DMT, LSD, Psilocybine
Publiée le 28 janvier 2026
Type : Revue
Auteurs : Rayyan Raja Zafar, Patrick Kleine, Danielle Kurtin, Matthew Wall, David Erritzoe
Résumé :

Malgré des décennies de recherche en neurosciences et des investissements significatifs dans la neuro-imagerie de l’addiction, les résultats cliniques pour les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances et d’addictions comportementales restent médiocres. L’étude souligne qu’un faible pourcentage de personnes atteintes de troubles liés à l’usage de substances reçoit un traitement efficace, ce qui met en évidence une déconnexion majeure entre la compréhension mécanistique et l’utilité clinique.

Cet article appelle à une réorientation de la neuroscience de l’addiction, passant d’une approche principalement diagnostique à un cadre théragnostique, dans lequel les biomarqueurs sont utilisés pour stratifier les patients, guider les décisions de traitement et prédire les résultats. L’étude soutient que l’intégration de biomarqueurs de neuro-imagerie translationnelle, en particulier l’IRMf, l’EEG et la TEP, dans la recherche sur l’addiction aux psychédéliques offre une opportunité unique et opportune pour catalyser ce changement.

Les substances psychédéliques comme la psilocybine représentent une nouvelle classe de thérapies capables d’engager la neuroplasticité, le traitement des récompenses et des émotions, ainsi que les réseaux de contrôle cognitif, qui sont centraux dans la pathophysiologie de l’addiction. Les auteurs examinent comment les paradigmes de neuro-imagerie aiguë et pré-post-traitement peuvent mesurer les effets pharmacodynamiques et la réponse au traitement à long terme, et proposent une feuille de route pour intégrer les biomarqueurs dans les essais cliniques de phases précoce et tardive.

S’appuyant sur des études en cours au Centre for Psychedelic Research de l’Imperial College London, l’article décrit comment des biomarqueurs multimodaux sont co-développés parallèlement aux essais cliniques sur le jeu pathologique et les troubles liés à l’usage d’opioïdes pour identifier les réponses spécifiques à un biotype et construire une population de traitement profondément phénotypée. Si ces biomarqueurs sont validés, ils pourraient servir d’outils de qualité réglementaire pour le co-développement théragnostique de médicaments, à l’instar des modèles réussis en oncologie et en neurologie.

L’étude insiste sur le fait que la réalisation de cette vision nécessitera une collaboration solide entre de multiples parties prenantes, y compris le monde universitaire, l’industrie, les agences réglementaires, les bailleurs de fonds, les systèmes de santé et les groupes de patients, ainsi qu’un investissement dédié pour construire une infrastructure théragnostique évolutive pour la recherche et la médecine de l’addiction. En conclusion, la thérapie psychédélique offre plus qu’un soulagement symptomatique ; elle représente un véhicule pour transformer la manière dont l’addiction est diagnostiquée, traitée et comprise. En adoptant les principes théragnostiques et en priorisant l’intégration des biomarqueurs, la médecine de l’addiction a le potentiel d’évoluer vers des soins personnalisés et de précision.

Objectif :

L’objectif de cette revue est d’appeler à une réorientation de la recherche en neuroscience de l’addiction. Elle propose de passer d’un accent principalement diagnostique à un cadre théragnostique, où les biomarqueurs sont utilisés pour stratifier les patients, guider les décisions thérapeutiques et prédire les résultats.

L’étude vise à démontrer que l’intégration de biomarqueurs de neuro-imagerie (IRMf, EEG, TEP) dans la recherche sur les thérapies psychédéliques pour l’addiction représente une opportunité pour catalyser ce changement. Elle propose une feuille de route pour l’intégration de ces biomarqueurs dans les essais cliniques afin de développer une médecine de précision personnalisée pour les addictions.

Méthodologie :
  • Analyse de la littérature : Les auteurs réalisent une revue de la littérature existante sur la neuroscience de l’addiction, les biomarqueurs de neuro-imagerie (IRMf, EEG, TEP) et la recherche sur les substances psychédéliques.
  • Proposition d’un cadre théorique : L’étude développe un cadre théragnostique pour l’application des biomarqueurs dans le développement de traitements pour l’addiction, en s’inspirant de modèles réussis en oncologie et en neurologie.
  • Examen des paradigmes de neuro-imagerie : L’article évalue comment les paradigmes de neuro-imagerie aiguë et pré-post-traitement peuvent être utilisés pour indexer les effets pharmacodynamiques et la réponse au traitement à long terme des thérapies psychédéliques.
  • Présentation d’études de cas : L’étude s’appuie sur des recherches en cours au Centre for Psychedelic Research de l’Imperial College London, notamment sur le jeu pathologique et les troubles liés à l’usage d’opioïdes, pour illustrer l’application pratique de cette approche.
Résultats principaux :
  • Constat d’échec : Les résultats cliniques pour les troubles liés à l’addiction restent faibles malgré des décennies de recherche, indiquant une déconnexion entre la compréhension des mécanismes et l’utilité clinique.
  • Nécessité d’un changement de paradigme : L’étude conclut qu’un passage d’une approche diagnostique à un cadre théragnostique est essentiel pour faire progresser le traitement de l’addiction. Ce cadre permettrait de stratifier les patients, de personnaliser les traitements et de prédire les réponses.
  • Potentiel des psychédéliques : Les substances psychédéliques, comme la psilocybine, sont identifiées comme une nouvelle classe de thérapies prometteuses qui agissent sur les systèmes neuronaux clés de l’addiction (neuroplasticité, récompense, contrôle cognitif).
  • Rôle des biomarqueurs : La neuro-imagerie (IRMf, EEG, TEP) offre des outils robustes pour développer des biomarqueurs pharmacodynamiques capables de mesurer l’engagement de la cible et la réponse au traitement, facilitant ainsi le développement de médicaments.
  • Feuille de route pour la recherche : Une approche structurée est proposée pour intégrer les biomarqueurs multimodaux dans les essais cliniques, afin de valider leur utilité pour une médecine de précision.
  • Importance de la collaboration : La mise en œuvre de cette vision nécessite une collaboration multisectorielle (académique, industrielle, réglementaire) et des investissements substantiels pour créer une infrastructure théragnostique.
Implications cliniques :

L’étude suggère que l’adoption des principes théragnostiques et la priorisation de l’intégration des biomarqueurs dans la recherche sur l’addiction pourraient transformer radicalement le domaine. Cette approche a le potentiel de faire évoluer la médecine de l’addiction vers des soins personnalisés et de précision, améliorant ainsi l’efficacité des traitements.

La thérapie psychédélique est présentée non seulement comme un traitement symptomatique, mais aussi comme un catalyseur pour changer la façon dont l’addiction est diagnostiquée, traitée et comprise. La validation de biomarqueurs de neuro-imagerie pourrait conduire au co-développement de diagnostics et de thérapies ciblées, à l’instar des avancées réalisées dans des domaines comme l’oncologie.

La réalisation de cette vision dépendra d’une collaboration solide entre les différentes parties prenantes et d’un financement dédié pour construire une infrastructure de recherche durable et évolutive.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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