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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, Kétamine, LSD, Psilocybine
Publiée le 31 octobre 2025
Type : Revue systématique
Auteurs : Giacomo d'Andrea, Stefania Chiappini, Laura Ciavoni, Rolando Tucci, Fabrizio Martino, Francesco Maria Semeraro, Daniele Di Battista, Alessio Mosca, Andrea Miuli, Francesco Di Carlo, Mirella Russo, Gilberto Di Petta, Michele Fornaro, Mauro Pettorruso, Stefano L. Sensi, Giovanni Martinotti
Résumé :

Au cours de la dernière décennie, plusieurs substances psychédéliques, incluant des tryptamines comme le LSD, la psilocybine, l’ayahuasca et la diméthyltryptamine (DMT), sont testées dans des essais cliniques pour diverses conditions psychiatriques, notamment l’anxiété et la dépression. Parallèlement, la kétamine et son énantiomère S(+), l’eskétamine, sont de plus en plus utilisés pour gérer la dépression résistante au traitement.

Les mécanismes biologiques de ces substances restent encore largement inexplorés. Les données préliminaires indiquent une activité modulatrice sur des réseaux cérébraux distincts et des voies de neurotransmetteurs spécifiques, comme le glutamate et la sérotonine.

Objectif :

Cette revue systématique examine les changements fonctionnels de l’activité neuronale générés par ces substances (LSD, psilocybine, ayahuasca, DMT, kétamine/eskétamine) chez des personnes souffrant de troubles dépressifs.

L’analyse inclut des études utilisant diverses techniques de neuro-imagerie telles que la Tomographie par Émission de Positrons (TEP), la Tomographie par Émission Monophotonique (TEMP), l’Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) et l’IRM.

Méthodologie :
  • Protocole : La recherche documentaire suit les directives PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) de 2015.
  • Sources de données : La recherche est effectuée sur les bases de données PubMed, Web of Science et Scopus.
  • Période : La recherche inclut les publications jusqu’en mars 2022, sans restriction de date antérieure.
  • Sélection : La recherche initiale a produit 890 articles. Après suppression des doublons et application des critères d’inclusion et d’exclusion, un ensemble final de 49 articles est retenu pour l’analyse qualitative.
Résultats principaux :
  • Répartition des études : Sur les 49 articles sélectionnés, la majorité (n=44) concerne la kétamine ou l’eskétamine, tandis qu’un plus petit nombre (n=5) porte sur les tryptamines psychédéliques (une étude sur l’ayahuasca et quatre sur la psilocybine).
  • Types d’études : Le corpus total comprend 9 essais contrôlés randomisés, 25 études en ouvert, 4 essais en double aveugle, 8 études observationnelles et 3 études croisées.
  • Neuro-imagerie de la psilocybine : Les études sur la psilocybine montrent une diminution du flux sanguin cérébral dans l’amygdale gauche et une réduction de la connectivité fonctionnelle au repos entre cette structure et les régions corticales liées au réseau du mode par défaut (DMN).
  • Neuro-imagerie de la kétamine : L’administration de kétamine augmente la connectivité cérébrale globale dans les cortex préfrontaux. Elle semble également normaliser l’hyperconnectivité observée dans la dépression entre le cortex cingulaire antérieur dorsal et le cortex préfrontal dorsolatéral. De plus, une connectivité fonctionnelle accrue entre le cortex cingulaire antérieur subgénual et d’autres régions cérébrales est fréquemment observée chez les répondeurs à la kétamine.
Implications cliniques :

L’analyse suggère que la psilocybine semble réinitialiser l’activité du Réseau du Mode par Défaut (DMN), réduisant ainsi les symptômes dépressifs avec une efficacité antidépressive durable et à long terme. Ce mécanisme pourrait expliquer son efficacité pour contrer la rumination et les schémas de pensée négatifs.

En comparaison, la kétamine exerce une action plus spécifique sur les réseaux impliquant les zones préfrontales, qui modulent indirectement le DMN. Cet effet pourrait expliquer l’activité anti-anhédonique de la kétamine et son rôle essentiel dans l’augmentation du contrôle cognitif sur les stimuli émotionnels, ce qui contribue à réduire les états d’humeur négatifs.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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