Cette étude analyse rétrospectivement des données cliniques de routine pour évaluer l’efficacité et la sécurité de la psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP) en conditions réelles. Les substances psychédéliques classiques, telles que le LSD et la psilocybine, montrent des effets antidépresseurs prometteurs dans les essais contrôlés, mais les données issues de la pratique clinique courante restent limitées.
L’analyse porte sur 115 adultes souffrant de troubles dépressifs et/ou anxieux résistants au traitement, ayant reçu un premier cycle de PAP standardisé avec 100 µg de LSD ou 25 mg de psilocybine dans un hôpital universitaire suisse. Les symptômes de dépression (BDI) et d’anxiété (STAI-T) sont évalués à plusieurs moments : au recrutement, un mois avant, et un à trois mois après le traitement. Les résultats montrent une diminution significative des symptômes dépressifs et anxieux au fil du temps, sans différence notable entre les deux substances. Une analyse exploratoire sur un sous-groupe de participants révèle une réduction de l’auto-culpabilisation, de la rumination et du catastrophisme, ainsi qu’une augmentation du recentrage positif. Bien que le LSD et la psilocybine présentent des profils temporels d’intensité perçue distincts, leurs effets subjectifs globaux et les résultats cliniques sont comparables. Les effets indésirables rapportés sont majoritairement légers et transitoires.
L’étude conclut qu’une première séance de PAP avec une dose active de LSD ou de psilocybine est bien tolérée et associée à des améliorations significatives des symptômes dépressifs et anxieux. Ces résultats soutiennent la faisabilité et l’efficacité de la PAP dans le cadre de soins spécialisés de routine.
L’étude vise à évaluer les procédures et les résultats cliniques d’une large cohorte de patients ayant bénéficié d’un programme de PAP en usage compassionnel. Les objectifs spécifiques sont :
1. D’analyser l’évolution des symptômes auto-déclarés de dépression et d’anxiété, du recrutement initial jusqu’à un à trois mois après le traitement, et d’explorer les changements associés dans les stratégies de régulation émotionnelle cognitive.
2. De caractériser la cinétique de l’intensité des effets perçus de la substance et la nature globale de l’expérience psychédélique.
3. D’évaluer la sécurité et la tolérabilité du traitement en documentant les effets indésirables rapportés à la fin de la journée de traitement.
- Type d’étude : Il s’agit d’une analyse rétrospective de données de routine collectées dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel de psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP).
- Participants : L’échantillon comprend 115 patients adultes (âge moyen de 47,5 ans ; 56,5 % de femmes) avec un diagnostic de trouble dépressif ou anxieux résistant au traitement.
- Intervention : Les participants reçoivent un premier cycle de traitement standardisé consistant en une seule séance avec soit 100 µg de LSD, soit 25 mg de psilocybine, intégrée dans une psychothérapie en cours. Le choix de la substance est basé sur les préférences du patient et les considérations cliniques.
- Collecte des données : Des questionnaires auto-administrés sont utilisés pour mesurer les résultats. Le Beck Depression Inventory (BDI) pour la dépression et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI-T) pour l’anxiété sont complétés au recrutement, un mois avant la séance, et un à trois mois après. Le Cognitive Emotion Regulation Questionnaire (CERQ) est administré avant et après le traitement chez un sous-groupe de patients.
- Mesures des effets aigus : Durant la séance, l’intensité subjective des effets est auto-évaluée à plusieurs moments. En fin de journée, le Mystical Experience Questionnaire (MEQ) est complété et les effets indésirables sont enregistrés via une liste de contrôle standardisée.
- Efficacité clinique : Une réduction statistiquement significative et durable des symptômes dépressifs (BDI) et anxieux (STAI-T) est observée après la séance de PAP. Aucune différence significative n’est constatée entre le groupe ayant reçu du LSD et celui ayant reçu de la psilocybine. Environ 37 % des participants atteignent une réduction des symptômes dépressifs de plus de 50 %.
- Régulation émotionnelle : L’analyse exploratoire montre des changements significatifs dans les stratégies de régulation émotionnelle, avec une diminution de l’auto-culpabilisation, de la rumination et du catastrophisme, et une augmentation du recentrage positif et de la réévaluation positive.
- Effets subjectifs : Le LSD et la psilocybine présentent des profils temporels distincts concernant l’intensité perçue (le LSD induit un plateau plus prolongé), mais l’intensité globale de l’expérience mystique est comparable entre les deux substances. Aucune corrélation n’est trouvée entre l’intensité des effets subjectifs et l’amélioration des symptômes.
- Sécurité et tolérabilité : Les effets indésirables sont majoritairement légers et transitoires, tels que la vision floue, les vertiges et les nausées. Il n’y a pas de complications graves, d’interruptions de traitement ou de différences significatives dans les types d’effets indésirables entre les deux groupes de substances.
Cette étude fournit des preuves importantes issues de la pratique clinique réelle, suggérant qu’une seule séance de psychothérapie assistée par psychédéliques, avec du LSD ou de la psilocybine, est associée à des réductions significatives des symptômes chez des patients souffrant de dépression et d’anxiété résistantes au traitement. Les résultats renforcent la validité externe des conclusions des essais cliniques contrôlés.
Les conclusions indiquent que le choix spécifique de la substance psychédélique sérotoninergique (LSD ou psilocybine) pourrait être moins critique pour le résultat thérapeutique que le processus global de la thérapie. L’étude démontre également que la PAP peut être administrée de manière sûre dans un cadre clinique universitaire spécialisé, à condition qu’un dépistage minutieux, une surveillance étroite et des procédures de gestion de crise prédéfinies soient en place. Ces données du monde réel complètent les preuves des essais et soutiennent la tolérabilité générale de la PAP en dehors des contextes de recherche strictement standardisés.
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