Aller au contenu
Psychédélique(s) étudié(s) : DMT, Kétamine, LSD, MDMA, Salvia divinorum
Publiée le 19 janvier 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Jing-Jer Chen, Carla J. Berg, Y. Tony Yang
Résumé :

Cette étude analyse les tendances de l’usage de substances psychédéliques spécifiques aux États-Unis entre 2021 et 2023, en s’appuyant sur les données de l’enquête nationale sur l’usage de drogues et la santé (NSDUH). Alors que l’intérêt pour l’usage thérapeutique et récréatif des hallucinogènes augmente, les rapports nationaux agrégés masquent souvent des évolutions distinctes entre les différentes substances. L’analyse se concentre sur les tendances et les corrélats démographiques de l’usage du LSD, de la MDMA, de la kétamine, de la Salvia divinorum et des tryptamines (comme la DMT), avec une attention particulière portée aux sous-groupes vulnérables.

Les résultats indiquent que, malgré une prévalence globale stable de l’usage d’hallucinogènes, des tendances divergentes significatives apparaissent. L’étude observe une baisse notable de la consommation de LSD, tandis que celle de la kétamine augmente, notamment chez les hommes et les adultes non assurés. L’usage de MDMA et de tryptamines reste stable, et celui du PCP et de la Salvia demeure rare. La consommation se concentre principalement chez les jeunes adultes et les hommes, avec des probabilités d’usage plus élevées chez les personnes non assurées et celles vivant sous le seuil de pauvreté fédéral.

L’étude conclut que le paysage de la consommation d’hallucinogènes est en pleine mutation. Un suivi spécifique à chaque substance est jugé plus pertinent que les indicateurs agrégés pour informer les stratégies de dépistage, de prévention et de réduction des risques, surtout à mesure que la disponibilité médicale de la kétamine s’élargit et que les disparités d’accès aux soins de santé mentale persistent.

Objectif :

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer les tendances de consommation de substances psychédéliques spécifiques aux États-Unis de 2021 à 2023. Elle vise également à identifier les corrélats démographiques associés à l’usage de ces substances. Une attention particulière est portée aux trajectoires divergentes entre les psychédéliques traditionnels (comme le LSD) et les agents dissociatifs (comme la kétamine), notamment au sein des sous-groupes de population souvent ciblés par les interventions de prévention et d’accès aux soins.

Méthodologie :
  • Source des données : L’étude utilise les données regroupées de l’enquête nationale sur l’usage de drogues et la santé (NSDUH) pour les années 2021 à 2023.
  • Échantillon : L’analyse porte sur un échantillon nationalement représentatif de la population civile américaine âgée de 12 ans et plus, totalisant 173 808 répondants.
  • Mesures : L’usage au cours de la dernière année est évalué pour six catégories de substances : le LSD, la MDMA (Ecstasy/Molly), la phencyclidine (PCP), la kétamine, la Salvia divinorum, et les tryptamines (incluant la DMT). Les données démographiques telles que l’âge, le sexe, l’ethnie, le niveau d’éducation, le revenu et la couverture d’assurance maladie sont également collectées.
  • Analyse statistique : Des modèles de régression logistique pondérés sont utilisés pour estimer les tendances annuelles de consommation, avec l’année comme prédicteur continu. Des analyses stratifiées sont menées pour quatre sous-groupes prédéfinis : les personnes vivant sous le seuil de pauvreté, les hommes, les jeunes adultes (18-25 ans) et les personnes non assurées.
Résultats principaux :
  • Prévalence globale : La prévalence globale de l’usage d’hallucinogènes au cours de l’année écoulée reste stable, s’établissant à 2,83% en 2021 et 2,82% en 2023.
  • Tendances divergentes : L’étude met en évidence des tendances opposées pour certaines substances. La consommation de LSD a connu une baisse significative, passant de 0,88% en 2021 à 0,58% en 2023. À l’inverse, la consommation de kétamine a augmenté de manière significative, passant de 1,61% à 1,91% sur la même période.
  • Autres substances : La consommation de MDMA (ecstasy) et de tryptamines est demeurée relativement stable, tandis que l’usage de PCP et de Salvia divinorum est resté rare.
  • Tendances par sous-groupes : La baisse de l’usage du LSD est particulièrement marquée chez les hommes, les jeunes adultes et les personnes non assurées. L’augmentation de l’usage de la kétamine est statistiquement significative chez les personnes vivant sous le seuil de pauvreté et celles sans assurance maladie.
  • Corrélats démographiques : La consommation d’hallucinogènes est plus concentrée chez les jeunes adultes et les hommes. Les modèles ajustés montrent des probabilités d’usage plus élevées chez les personnes non assurées et celles ayant des revenus inférieurs au seuil de pauvreté fédéral.
Implications cliniques :

Les conclusions de l’étude suggèrent que les approches réglementaires uniformes pour tous les hallucinogènes peuvent être insuffisantes. Les tendances divergentes entre le LSD (en baisse) et la kétamine (en hausse) illustrent comment le statut réglementaire, l’accessibilité médicale et la perception des risques façonnent les schémas de consommation à l’échelle de la population, parfois plus que les propriétés pharmacologiques seules.

L’augmentation de l’usage de la kétamine, en particulier parmi les populations économiquement défavorisées et non assurées, souligne un besoin urgent d’interventions ciblées. Les auteurs recommandent d’étendre la couverture d’assurance pour les services de santé mentale, de développer des directives cliniques pour la prescription de kétamine et de mettre en œuvre des programmes de réduction des risques spécifiques à cette substance. La surveillance continue des tendances spécifiques à chaque substance est essentielle pour optimiser les résultats de santé publique tout en minimisant les risques potentiels.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

Retour en haut
Rechercher