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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, Ibogaïne, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 30 janvier 2026
Type : Etude critique
Auteurs : Veronica Magar, Marlena Robbins, Óscar Martín López Fernández (Lobo Blanco), Ismail Lourido Ali, Brian Anderson, Charlie Grob, Jack E. Henningfield, Pamela Kryskow, Heather Kuiper, Anja Loizaga-Velder, Brian Rush, Miriam Volat, Sandor Iron Rope
Résumé :

Les peuples autochtones ont cultivé et protégé les substances psychoactives naturelles à travers des cérémonies, des liens de parenté et une responsabilité spirituelle transmise de génération en génération. Cependant, leurs contributions de longue date sont souvent marginalisées par la recherche extractive, la commercialisation et l’exclusion politique. Bien que les communautés autochtones aient préservé et acquis une expertise séculaire avec ces substances, elles restent sous-représentées dans le discours scientifique.

Ce commentaire plaide en faveur d’une collaboration réciproque et équitable dans la science psychédélique, fondée sur la souveraineté autochtone, les droits de propriété culturelle et intellectuelle, et la gouvernance. En s’appuyant sur les traditions impliquant l’ayahuasca, la psilocybine, le peyote et l’iboga, les auteurs illustrent comment les méthodologies autochtones — incluant les rituels, les pratiques communautaires et les approches écologiques — offrent des perspectives essentielles tant pour la sécurité que pour l’efficacité. L’étude soutient que la recherche et les politiques doivent intégrer le consentement libre, préalable et éclairé, le partage équitable des avantages et le leadership autochtone.

De tels efforts exigent de dépasser l’inclusion symbolique pour s’orienter vers une collaboration significative et un changement systémique dans la recherche psychédélique, afin qu’elle soit à la fois scientifiquement rigoureuse et culturellement juste. En conclusion, les auteurs appellent à des processus de concertation plus formels, transparents et légitimes au niveau mondial, sur le modèle des consultations mondiales de l’OMS, pour réunir les leaders autochtones, les chercheurs et les décideurs politiques. Ces étapes représentent des actes d’inclusion profonds, essentiels pour que ces substances réalisent leur plein potentiel de guérison et de transformation.

Objectif :

L’objectif de cette étude est de plaider pour une collaboration éthique, réciproque et équitable entre la science psychédélique contemporaine et les systèmes de savoirs autochtones. L’étude vise à démontrer la nécessité de dépasser les modèles de recherche extractifs et l’inclusion symbolique.

Elle cherche à promouvoir une approche interdisciplinaire qui respecte et intègre la souveraineté autochtone, les droits de propriété culturelle et intellectuelle, et le leadership des communautés qui ont préservé ces traditions médicinales depuis des siècles. L’enjeu est de construire un nouveau paradigme de recherche qui soit à la fois scientifiquement rigoureux et culturellement juste.

Méthodologie :
  • L’étude est une analyse critique qui examine les tensions et les opportunités à l’intersection de la science psychédélique et des savoirs autochtones.
  • Elle s’appuie sur des exemples concrets issus des traditions utilisant l’ayahuasca, la psilocybine, le peyote et l’iboga pour illustrer comment les méthodologies autochtones peuvent enrichir les cadres de recherche contemporains.
  • La contribution intègre directement les perspectives de co-auteurs autochtones, leaders spirituels et détenteurs de savoirs, afin de centrer leurs voix et leurs revendications.
  • L’analyse examine les cadres éthiques existants et propose des voies pour l’opérationnalisation de principes comme le consentement libre, préalable et éclairé, la réciprocité, et le partage équitable des bénéfices.
Résultats principaux :
  • L’étude établit que les systèmes de savoirs autochtones offrent des perspectives inestimables sur l’utilisation sûre et efficace des substances psychoactives, notamment à travers des approches holistiques qui intègrent des dimensions communautaires, rituelles et spirituelles souvent négligées par le modèle biomédical.
  • Elle met en évidence la persistance de pratiques extractives, telles que la biopiraterie et l’appropriation culturelle, qui exploitent les connaissances autochtones sans juste compensation ni reconnaissance, perpétuant ainsi des injustices historiques.
  • Les auteurs concluent qu’une véritable réciprocité exige plus qu’une simple reconnaissance ; elle nécessite un partage tangible des avantages scientifiques et économiques, ainsi que l’inclusion des communautés autochtones comme partenaires à part entière dans la gouvernance de la recherche.
  • Il est souligné que la décolonisation de la science psychédélique est impérative. Cela implique de centrer les visions du monde autochtones, de respecter leur gouvernance sur les médecines traditionnelles et d’adopter des cadres comme le ‘Two-Eyed Seeing’ pour intégrer les différentes manières de savoir.
  • L’étude appelle à une réforme des politiques sur les drogues et des cadres réglementaires pour qu’ils protègent les droits des peuples autochtones à maintenir et à pratiquer leurs traditions médicinales sans crainte de poursuites.
Implications cliniques :

Les implications de cette analyse sont multiples. Pour la recherche scientifique, elle appelle à un changement systémique vers des modèles de collaboration qui intègrent la co-conception des protocoles, le co-authorat des publications et le partage équitable des bénéfices avec les communautés autochtones. Cela implique de reconnaître les guérisseurs et les détenteurs de savoirs comme des partenaires égaux.

Au niveau des politiques publiques, l’étude exhorte les gouvernements et les organisations internationales à réformer les lois sur le contrôle des drogues qui criminalisent les pratiques traditionnelles. Elle suggère d’aligner les cadres réglementaires sur les déclarations internationales des droits des peuples autochtones, comme la Déclaration des Nations Unies, et d’intégrer les savoirs traditionnels dans les politiques de santé publique.

Enfin, pour la pratique clinique et la communauté psychédélique, l’étude encourage le développement d’une ‘alliance’ (‘allyship’) active et humble, qui consiste à amplifier les voix autochtones, à soutenir la recherche menée par des Autochtones et à œuvrer pour démanteler les structures oppressives au sein du domaine psychédélique.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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