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Psychédélique(s) étudié(s) : DOI, Psilocybine
Publiée le 16 juillet 2025
Type : Revue critique
Auteurs : Chenshu Gao, Heming Cheng
Résumé :

Cet article de synthèse analyse une étude récente publiée dans la revue Neuron par Tiwari et al. qui identifie le rôle critique des récepteurs 5-HT2A situés sur les interneurones à parvalbumine (PV) dans l’hippocampe ventral pour médier les effets anxiolytiques aigus de la substance psychédélique 2,5-diméthoxy-4-iodoamphétamine (DOI).

L’analyse met en lumière comment cette découverte fait progresser la neuropharmacologie des psychédéliques et fournit un cadre solide pour le développement de nouvelles thérapies à action rapide contre les troubles anxieux. Le document contraste l’action rapide des psychédéliques sérotoninergiques avec le délai d’action des antidépresseurs conventionnels comme les ISRS.

Les auteurs discutent des mécanismes neuronaux spécifiques mis en évidence par l’étude de Tiwari et al., notamment la manière dont la DOI active préférentiellement les interneurones PV dans la région vCA1/subiculum de l’hippocampe pour produire ses effets anxiolytiques, tout en explorant les implications et les défis pour une application clinique future.

Objectif :

L’objectif de cet article est de présenter et d’analyser les découvertes d’une étude fondamentale menée par Tiwari et al. sur les mécanismes neurobiologiques des effets anxiolytiques de la substance psychédélique DOI.

Il vise à mettre en perspective l’importance de l’identification d’un circuit neuronal précis – les récepteurs 5-HT2A sur les interneurones PV de l’hippocampe ventral – comme médiateur de l’anxiolyse. Enfin, le texte explore les opportunités et les défis qui découlent de ces résultats pour le traitement des troubles anxieux.

Méthodologie :
  • Paradigmes comportementaux : Utilisation de multiples tests pour évaluer l’anxiété chez les rongeurs, incluant le test d’enfouissement de billes (MBT), le test des quatre plaques (FPT), le labyrinthe en croix surélevé (EPM) et la boîte clair-obscur (LDB).
  • Neuroanatomie et pharmacologie : Micro-injections locales de DOI dans des régions cérébrales spécifiques (hippocampe, amygdale, substance grise périaqueducale) et utilisation d’antagonistes sélectifs du récepteur 5-HT2A.
  • Techniques génétiques : Utilisation de souris knockout pour le récepteur 5-HT2A (global et conditionnel) afin de restaurer l’expression du récepteur spécifiquement dans les interneurones PV ou les neurones CamKIIa.
  • Neurophysiologie : Enregistrements électrophysiologiques in vivo et coloration c-Fos pour mesurer l’activité neuronale suite à l’administration de DOI.
  • Chémogénétique : Activation ciblée des interneurones PV pour observer si elle reproduit les effets anxiolytiques de la DOI.
Résultats principaux :
  • Effets anxiolytiques de la DOI : L’administration systémique de DOI induit des effets anxiolytiques aigus et dépendants de la dose, mais ces effets s’estompent après 24 heures.
  • Localisation de l’action : L’effet anxiolytique est spécifiquement localisé dans la région ventrale CA1/subiculum (vCA1/Sub) de l’hippocampe. Les injections dans d’autres régions comme le cortex préfrontal médian (mPFC) ou l’amygdale ne reproduisent pas cet effet.
  • Mécanisme cellulaire : La DOI augmente préférentiellement l’activité des interneurones à parvalbumine (PV) dans la région vCA1/Sub. L’activation chémogénétique de ces mêmes neurones imite l’effet anxiolytique de la DOI.
  • Rôle du récepteur 5-HT2A : L’effet anxiolytique est aboli par un antagoniste du récepteur 5-HT2A ou chez les souris knockout pour ce récepteur. De manière cruciale, la restauration de l’expression des récepteurs 5-HT2A uniquement sur les interneurones PV suffit à rétablir l’effet anxiolytique.
  • Séparation des effets : L’injection ciblée de DOI dans le vCA1/Sub n’induit pas de secousses de la tête (head-twitch response), un comportement associé aux hallucinations, suggérant une possible dissociation spatiale entre les effets thérapeutiques et psychotomimétiques.
Implications cliniques :

L’étude analysée fournit une nouvelle perspective sur les mécanismes neuronaux des effets anxiolytiques rapides des substances psychédéliques. L’identification des récepteurs 5-HT2A sur les interneurones PV de l’hippocampe ventral comme un ‘hub’ pour l’anxiolyse jette les bases pour le développement de futures thérapies.

Ces résultats suggèrent la possibilité de concevoir des traitements plus ciblés. Cela pourrait impliquer la modification structurelle de substances psychédéliques ou le développement de stratégies de livraison spécifiques à un type cellulaire (par exemple, vers les interneurones PV du vCA1/subiculum) pour minimiser les effets secondaires indésirables comme les hallucinations.

Le document souligne également des défis importants pour la traduction clinique, tels que la durée limitée des effets anxiolytiques de la DOI (contrairement à la psilocybine) et la nécessité de recherches supplémentaires sur les effets d’une administration chronique et sur l’impact du stress chronique sur ce circuit neuronal.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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