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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, LSD, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 28 janvier 2026
Type : Etude quantitative
Auteurs : Nicholas A. Carlisle, Otto Simonsson, Sarah MacCarthy, Marc N. Elliott, Gabe H. Miller, Simon B. Goldberg, Ryan A. Shallcross, Peter S. Hendricks
Résumé :

La consommation de substances psychédéliques est liée à des changements de vie majeurs qui peuvent impacter les résultats de santé, mais peu d’études ont systématiquement examiné leur prévalence, leurs types et les caractéristiques démographiques associées.

Cette publication s’appuie sur des sous-échantillons de répondants ayant déclaré une consommation de psychédéliques au cours de leur vie, provenant de deux enquêtes menées auprès d’adultes américains : une représentative au niveau national (Étude 1 ; n=613) et une plus grande, plus diversifiée mais non représentative (Étude 2 ; n=3,168).

L’Étude 1 vise à estimer la prévalence des changements de vie majeurs rapportés suite à l’usage de psychédéliques et à caractériser les types de changements. L’Étude 2 étend ces résultats en explorant les caractéristiques démographiques associées à la probabilité de vivre de tels changements.

Dans l’Étude 1, 18,4% des répondants rapportent au moins un changement de vie majeur attribué à l’usage de psychédéliques. Les changements les plus fréquents concernent les relations (6,9%), l’alimentation et l’exercice (6,2%), l’arrêt de la consommation d’alcool, de tabac ou d’autres substances (5,5%), et les croyances religieuses (5,5%). Dans l’Étude 2, une religiosité plus élevée, un âge plus jeune et une plus grande consommation de psychédéliques au cours de la vie apparaissent comme des facteurs fortement associés à la déclaration d’un changement de vie majeur. Ces résultats suggèrent que des changements de vie importants se produisent chez environ 1 utilisateur sur 5 et peuvent varier selon des facteurs démographiques.

Objectif :

L’étude vise à répondre à plusieurs questions clés concernant les changements de vie majeurs après la consommation de substances psychédéliques.

Premièrement, elle cherche à estimer la prévalence de ces changements dans un échantillon d’adultes américains représentatif au niveau national. Deuxièmement, l’étude a pour objectif de caractériser les types de changements rapportés par les utilisateurs. Enfin, elle tente d’identifier les caractéristiques démographiques qui pourraient être associées à la probabilité de vivre un ou plusieurs de ces changements, en utilisant un échantillon plus vaste et plus diversifié.

Méthodologie :
  • Conception de l’étude : L’article s’appuie sur les données de deux études transversales distinctes menées auprès d’adultes américains recrutés via la plateforme Prolific Academic.
  • Étude 1 : A inclus un sous-échantillon de 613 participants ayant une expérience de vie avec les psychédéliques, issus d’un échantillon nationalement représentatif en termes d’âge, de race/ethnicité et de sexe (recruté en 2021). Cette étude est utilisée pour estimer la prévalence et les types de changements de vie.
  • Étude 2 : A inclus un sous-échantillon de 3 168 participants ayant une expérience de vie avec les psychédéliques, issus d’un échantillon plus large et sociodémographiquement plus diversifié mais non représentatif (recruté en 2023). Elle est utilisée pour explorer les prédicteurs démographiques des changements.
  • Mesures : Les participants ont fourni des informations démographiques et ont été interrogés sur la fréquence de leur consommation de psychédéliques (ayahuasca, la DMT, psilocybine, le LSD, mescaline, peyote et San Pedro). Les changements de vie majeurs (par exemple, carrière, relations, croyances religieuses) attribués à l’usage de psychédéliques ont été évalués via un questionnaire spécifique.
  • Analyses : Des statistiques descriptives et des modèles de régression logistique multivariée sont utilisés pour analyser les associations entre les caractéristiques démographiques et la probabilité de rapporter un changement de vie majeur.
Résultats principaux :
  • Prévalence des changements : Dans l’étude représentative (Étude 1), 18,4% des répondants rapportent avoir vécu au moins un changement de vie majeur qu’ils attribuent à leur consommation de psychédéliques. Ce chiffre monte à 26,3% dans l’échantillon plus large (Étude 2).
  • Types de changements les plus fréquents (Étude 1) : Les changements les plus courants concernent le statut relationnel (6,9%), les habitudes alimentaires ou d’exercice (6,2%), l’arrêt de la consommation d’autres substances (5,5%) et les croyances religieuses (5,5%).
  • Facteurs prédictifs forts (Étude 2) : Un âge plus jeune, une religiosité plus élevée et une fréquence de consommation de psychédéliques plus élevée sont les prédicteurs les plus fortement associés à la probabilité de rapporter un changement de vie majeur.
  • Impact de la fréquence d’usage : La probabilité de rapporter un changement de vie augmente considérablement avec la fréquence d’utilisation. Les personnes ayant consommé des psychédéliques plus de 20 fois ont plus de 10 fois plus de chances de rapporter un changement majeur que celles n’en ayant consommé qu’une seule fois.
  • Influence du type de substance : L’usage de substances autres que la psilocybine ou le LSD seuls (par ex. la DMT, l’ayahuasca) est associé à une probabilité significativement plus élevée de rapporter un changement de vie majeur.
  • Associations spécifiques : Les répondants issus de minorités de genre ou sexuelles montrent une probabilité nettement plus élevée de rapporter des changements spécifiques à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude ont des implications importantes pour la pratique clinique, la santé publique et la recherche future. Ils montrent que bien que les changements de vie majeurs après la consommation de psychédéliques ne soient pas rares, ils sont loin d’être universels. Cela conteste l’idée que des transformations profondes sont une conséquence automatique de ces expériences.

Pour la pratique clinique : Ces données peuvent aider les thérapeutes à préparer les patients à une thérapie assistée par psychédéliques en établissant des attentes réalistes. Le processus de consentement éclairé devrait inclure une discussion sur la probabilité et la nature des changements potentiels. De plus, l’identification des sous-groupes démographiques plus susceptibles de connaître des changements (jeunes, personnes religieuses) permet de développer des stratégies d’intégration ciblées et proactives.

Pour la santé publique : La communication autour des psychédéliques doit être équilibrée, reconnaissant le potentiel de transformation tout en tempérant les attentes d’un changement de vie universel. Cela permet d’éviter la déception et de promouvoir une prise de décision informée.

Pour la recherche future : L’étude souligne la nécessité de mener des recherches longitudinales pour suivre l’émergence, la persistance et l’impact (positif ou négatif) de ces changements sur la santé mentale et physique à long terme.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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