Le Réseau Canadien pour la Thérapie Assistée par Psychédéliques pour le Cancer (CAN-PACT) est lancé en 2025 pour combler les lacunes urgentes dans les soins de soutien pour les Canadiens atteints de cancer qui souffrent du syndrome de démoralisation et de détresse psychosociale associée.
Le programme CAN-PACT poursuit six objectifs majeurs : développer un réseau national interdisciplinaire de recherche et de pratique ; définir les priorités de recherche par un engagement structuré des parties prenantes ; développer et fournir une formation sur la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) ; tester la faisabilité de l’intervention et des procédures d’évaluation ; mener un essai contrôlé randomisé multicentrique sur la TAP pour les personnes atteintes d’un cancer avancé ; et informer et influencer la politique de santé sur la TAP au Canada.
À travers des analyses environnementales, un engagement national, une formation ciblée, une recherche rigoureuse et une collaboration continue avec les décideurs politiques, CAN-PACT vise à permettre un accès équitable à une TAP sûre et fondée sur des données probantes pour les personnes atteintes d’un cancer avancé dans les centres de cancérologie financés par des fonds publics au Canada.
Ce protocole décrit l’initiative CAN-PACT, qui vise à préparer le système de santé oncologique canadien à la mise en œuvre de la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) fondée sur des données probantes.
Les objectifs spécifiques du programme sont les suivants :
- Renforcement des capacités : Développer un réseau national de recherche et de pratique sur la TAP dans le domaine des soins contre le cancer.
- Priorités de recherche : Déterminer les principales priorités de recherche sur la TAP pour les personnes atteintes d’un cancer avancé grâce à l’engagement des parties prenantes.
- Programmes de formation : Développer et mettre en œuvre des programmes de formation et d’éducation sur la TAP pour les prestataires de soins en oncologie, les chercheurs, les patients partenaires et les décideurs politiques.
- Collecte de données pilotes : Recueillir des données pilotes et de faisabilité pour éclairer la conception de l’essai clinique à plus grande échelle.
- Essai clinique : Mener un essai contrôlé randomisé (ECR) multicentrique sur la TAP chez les personnes atteintes d’un cancer avancé, soutenu par le Groupe Canadien des Essais sur le Cancer (GCEC).
- Influence sur les politiques : Informer et influencer la politique de santé canadienne pour soutenir l’intégration de la TAP dans les soins contre le cancer.
- Construction du réseau : L’étude prévoit la réalisation d’une analyse environnementale des programmes de TAP existants au Canada, la création d’un répertoire de membres potentiels (chercheurs, cliniciens, patients), le développement de groupes de travail collaboratifs et l’organisation de réunions annuelles.
- Définition des priorités de recherche : La méthodologie s’appuie sur le partenariat d’établissement des priorités de la James Lind Alliance (JLA). Ce processus structuré engage les patients, les soignants et les cliniciens pour identifier et hiérarchiser les questions de recherche sans réponse concernant la TAP dans le traitement du cancer.
- Développement de formations : Le programme comprend la création de programmes d’études spécialisés pour les cliniciens et les chercheurs, s’appuyant sur les normes internationales. Des supports éducatifs sont également développés pour les patients, les familles et les décideurs politiques.
- Étude pilote : Une étude pilote de faisabilité est planifiée pour évaluer les résultats psychosociaux chez des patients atteints de cancer avancé. Elle utilise un devis factoriel 2×2 comparant une dose élevée ou faible de psilocybine avec une préparation et une intégration basées sur la pleine conscience (intensive ou minimale).
- Essai contrôlé randomisé (ECR) : Il est prévu de mener un ECR multicentrique pour évaluer l’efficacité de la psilocybine (dose élevée contre dose faible) combinée à une thérapie basée sur la pleine conscience chez environ 200 participants atteints d’un cancer avancé (stade III ou IV). L’essai sera intégré au réseau du Groupe Canadien des Essais sur le Cancer (GCEC).
- Influence politique : Une stratégie d’engagement politique est mise en place, impliquant la création de notes de synthèse et l’organisation d’ateliers avec les décideurs fédéraux et provinciaux pour traduire les résultats de la recherche en recommandations politiques concrètes.
- Synthèse de la littérature : Le document est un protocole et ne présente pas de résultats originaux. Cependant, il s’appuie sur une revue de la littérature existante qui indique que les thérapies assistées par psychédéliques, notamment avec la psilocybine, peuvent entraîner des améliorations rapides, importantes et durables de l’anxiété, de la dépression, de la détresse existentielle et de la démoralisation liées au cancer.
- Principaux essais cités : Des essais contrôlés randomisés antérieurs (notamment ceux de Griffiths et al. et de Ross et al.) montrent que la psilocybine réduit de manière significative la dépression et l’anxiété chez les patients atteints de cancer potentiellement mortel, tout en augmentant la qualité de vie, le sens de la vie et l’optimisme.
- Données de méta-analyse : Une méta-analyse de 2021, incluant cinq petites études, confirme que la psilocybine est supérieure au placebo pour le traitement de l’anxiété en fin de vie, avec des effets importants et durables.
- Limites identifiées : Le protocole souligne les limites des recherches actuelles, telles que la petite taille des échantillons, l’homogénéité des participants (majoritairement blancs, plus âgés, éduqués), le suivi à court terme et les défis méthodologiques, que le programme CAN-PACT vise à surmonter.
Le programme CAN-PACT présente des implications significatives pour les soins de soutien en oncologie au Canada. En établissant une infrastructure nationale pour la recherche et la formation, cette initiative vise à combler une lacune importante dans la prise en charge de la détresse existentielle et de la démoralisation chez les patients atteints de cancer avancé, des symptômes souvent peu sensibles aux traitements conventionnels.
Les données probantes générées par les études pilotes et l’essai clinique multicentrique pourraient fournir la justification nécessaire pour intégrer la thérapie assistée par psychédéliques comme une option de traitement sûre et efficace au sein du système de santé public canadien. De plus, en impliquant activement les patients, les cliniciens et les décideurs politiques tout au long du processus, le programme cherche à garantir que l’éventuelle mise en œuvre soit équitable, accessible et alignée sur les besoins réels des patients et les réalités du système de santé.
À terme, ce travail pourrait non seulement améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi influencer les politiques nationales sur les substances contrôlées et établir un modèle pour l’intégration rigoureuse d’innovations thérapeutiques en santé mentale.
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