La thérapie assistée par la psilocybine (TAP) est présentée comme une intervention émergente pour la dépression. Bien que plusieurs essais cliniques rapportent des résultats prometteurs, un consensus sur les méthodologies optimales et la standardisation des protocoles de TAP reste nécessaire.
Cette étude évalue l’efficacité de la TAP dans le traitement des symptômes dépressifs et examine systématiquement l’influence des modérateurs méthodologiques sur les réponses antidépressives. L’analyse porte sur sept essais contrôlés randomisés (ECR) incluant 522 participants. Les résultats globaux, basés sur un modèle à effets aléatoires, révèlent que la TAP a un effet antidépresseur important et significatif.
Les analyses de sous-groupes identifient des effets plus importants, bien que non significativement différents, dans les études qui administrent la psilocybine à des doses ajustées au poids corporel, qui proposent des sessions de préparation, de dosage et d’intégration plus longues, et qui fournissent une psychothérapie non manualisée. Cette étude constitue le premier examen systématique des méthodologies de la TAP influençant les effets antidépresseurs et offre des perspectives préliminaires pour la conception de futurs protocoles.
L’objectif de cette revue est double. Premièrement, elle vise à évaluer l’efficacité de la thérapie assistée par la psilocybine (TAP) dans le traitement des symptômes dépressifs. Deuxièmement, elle cherche à examiner de manière systématique l’influence des modérateurs méthodologiques qui sous-tendent les réponses antidépressives observées lors de la TAP. L’étude a pour but final de fournir des recommandations préliminaires pour la conception de protocoles futurs optimisés.
- Source des données : Une recherche systématique de la littérature est menée dans les bases de données électroniques PubMed, MEDLINE, PsychInfo et Embase pour identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) sur la TAP pour le trouble dépressif majeur.
- Critères d’inclusion : Sont inclus les ECR évaluant la psilocybine avec un soutien psychologique comme intervention de traitement pour des participants ayant un diagnostic primaire de trouble dépressif majeur (TDM) unipolaire ou de dépression résistante au traitement (DRT).
- Participants : L’analyse finale porte sur 7 ECR, pour un total combiné de 522 participants.
- Analyse statistique : Le critère de jugement principal est la différence moyenne standardisée (DMS) du changement des symptômes dépressifs entre les mesures avant et après le traitement. Un modèle à effets aléatoires est utilisé pour calculer la taille globale de l’effet. Des analyses de sous-groupes sont menées pour évaluer l’effet de modérateurs comme le mode de calcul de la dose (fixe vs ajustée au poids), la durée des sessions (préparation, dosage, intégration) et le modèle de psychothérapie (manualisé vs non-manualisé).
- Efficacité globale : Le modèle à effets aléatoires montre un effet thérapeutique important et de grande ampleur de la TAP sur la réduction des symptômes dépressifs (DMS = -0,79 ; IC 95% : -1,12, -0,46 ; p < 0,0001).
- Hétérogénéité : Une hétérogénéité inter-études significative et considérable est observée (I² = 66% ; p = 0,004), indiquant une variabilité substantielle entre les études.
- Analyse des modérateurs : Les analyses de sous-groupes révèlent des tailles d’effet plus importantes pour les études utilisant : des doses ajustées au poids corporel ; des sessions de préparation de 8 à 10 heures ; des sessions de dosage de 8 à 10 heures ; des sessions d’intégration de 4 heures ou plus ; et une psychothérapie non manualisée. Une tendance vers la signification est observée pour la stratégie de dosage et la manualisation de la TAP (p = 0,06 pour les deux).
Cette méta-analyse fournit un signal préliminaire et des aperçus utiles pour guider le développement de futures méthodologies d’étude. Les résultats suggèrent que l’efficacité antidépressive de la thérapie assistée par la psilocybine est optimisée lorsque les doses sont ajustées au poids corporel, que les sessions de préparation et de dosage durent entre 8 et 10 heures, que les sessions d’intégration durent 4 heures ou plus, et qu’une psychothérapie non manualisée est dispensée aux personnes atteintes de trouble dépressif majeur (TDM) sans résistance au traitement.
Compte tenu de la diversité observée dans la formation des facilitateurs de session, l’étude suggère que la mise en œuvre de normes uniformes pourrait aider à garantir une prestation cohérente du soutien psychologique. De plus, les auteurs recommandent d’améliorer la diversité ethnique et raciale dans le recrutement des participants pour obtenir des résultats plus généralisables. Ces résultats encouragent les futurs efforts de recherche à investiguer prospectivement l’influence de ces variables méthodologiques sur les résultats thérapeutiques afin de développer des consensus sur des conceptions d’étude optimales.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.