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Psychédélique(s) étudié(s) : Ayahuasca, DMT, LSD, Mescaline, Psilocybine
Publiée le 12 mars 2024
Type : Revue systématique
Auteurs : Alexander Wen, Nikhita Singhal, Brett D.M. Jones, Richard J. Zeifman, Shobha Mehta, Mohammad A. Shenasa, Daniel M. Blumberger, Zafiris J. Daskalakis, Cory R. Weissman
Résumé :

Cette revue systématique et analyse exploratoire synthétise les méthodologies utilisées dans les essais contrôlés randomisés (ECR) impliquant des substances psychédéliques classiques. L’étude souligne que le maintien de l’insu (aveugle) est particulièrement difficile en raison des altérations de conscience que ces composés induisent.

Après une recherche documentaire portant sur les ECR prospectifs publiés entre 1963 et janvier 2023, 50 articles issus de 48 essais cliniques sont inclus. Les résultats montrent que la plupart des études sont en double aveugle, utilisent un devis intra-sujets et incluent des placebos inertes. Cependant, la majorité des études ne rapportent pas l’intégrité de leurs procédures d’insu. Celles qui le font révèlent que le maintien de l’insu est généralement un échec.

En conclusion, l’étude suggère d’intégrer des placebos actifs et d’utiliser des conceptions d’étude basées sur la réponse à la dose ou des comparateurs actifs pour améliorer l’insu et réduire les effets d’attente.

Objectif :

L’objectif de cette revue systématique est de synthétiser les méthodologies utilisées dans les essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur les psychédéliques classiques. Elle vise également à identifier les procédures qui peuvent aider à minimiser les ruptures d’insu (levée de l’aveugle) et les biais associés.

Méthodologie :
  • Protocole et directives : Le protocole de l’étude est enregistré sur PROSPERO (CRD42020185100), et la revue est rapportée conformément aux directives PRISMA.
  • Stratégie de recherche : Une recherche électronique est effectuée sur PubMed pour les publications entre 1963 et le 17 janvier 2023.
  • Critères de sélection : Sont inclus tous les essais contrôlés prospectifs où des individus reçoivent de manière randomisée un psychédélique classique (psilocybine, mescaline, la DMT, le LSD, l’ayahuasca, peyote) ou un placebo. Les études rétrospectives, de microdosage ou portant sur d’autres substances psychoactives (ex: la MDMA, la kétamine) sont exclues.
  • Extraction des données : Deux examinateurs indépendants filtrent les titres, les résumés et les textes complets des articles pertinents. Les données sont ensuite extraites pour des analyses qualitatives et quantitatives.
Résultats principaux :
  • Sélection d’études : La recherche initiale a identifié 1402 articles. Après application des critères d’éligibilité, 50 articles portant sur 48 essais cliniques distincts sont inclus dans la revue.
  • Caractéristiques des études : La majorité des essais utilisent une conception intra-sujets (n=32) et sont en double aveugle (n=34). La plupart des études (73%) emploient des placebos inertes, comme de l’eau, une solution saline ou des capsules vides.
  • Efficacité de l’insu : Une large majorité des études (n=34, soit 71%) ne rapportent pas l’évaluation de l’intégrité de l’insu. Dans les études qui le font, l’insu est décrit comme largement inefficace, les participants des groupes actifs et placebo parvenant presque toujours à deviner correctement leur traitement.
  • Placebos actifs : Seules quelques études utilisent des placebos actifs, tels que des faibles doses de psychédéliques, de la niacine, de la diphenhydramine ou un mélange conçu pour imiter les propriétés organoleptiques de l’ayahuasca.
  • Données démographiques : Les participants aux essais sont majoritairement blancs (77,8%) et ont un niveau d’éducation supérieur (79,1% d’étudiants ou de diplômés universitaires).
Implications cliniques :

Cette revue révèle que les placebos inertes sont généralement inefficaces pour maintenir l’insu dans les ECR sur les psychédéliques. Les auteurs suggèrent donc de privilégier l’utilisation de placebos actifs. Ils proposent de développer des placebos qui miment les propriétés organoleptiques et les effets physiologiques des substances étudiées, comme cela a été fait avec succès pour l’ayahuasca.

Pour réduire les effets d’attente et améliorer l’insu, l’étude recommande d’explorer des conceptions d’étude alternatives. Celles-ci incluent des études de réponse à la dose, l’utilisation de comparateurs actifs (d’autres substances psychoactives ou traitements établis) et l’emploi de bloqueurs de récepteurs sérotoninergiques, comme la kétansérine, en combinaison avec le psychédélique.

Enfin, l’étude souligne que la population de participants, majoritairement homogène et très instruite, pourrait être plus informée sur la phénoménologie des psychédéliques, ce qui compliquerait le maintien de l’insu. Une plus grande diversité dans le recrutement des participants est donc nécessaire.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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