La psilocybine et la thérapie assistée par psychédéliques (TAP) suscitent un intérêt renouvelé en raison de leur potentiel thérapeutique. En 2019, la Food & Drug Administration (FDA) américaine a accordé le statut de thérapie innovante à la psilocybine pour le traitement de la dépression, bien que la TAP ne soit pas encore approuvée comme traitement thérapeutique. Si elle l’était, les futurs médecins joueraient un rôle de premier plan dans son accessibilité.
Cette étude examine les attitudes, les connaissances et les croyances d’étudiants en médecine envers la psilocybine. Elle explore comment la terminologie utilisée (“psilocybine” vs “champignons magiques”) et l’expérience personnelle avec les psychédéliques influencent leurs perceptions et leur intention de recommander la TAP.
Les résultats indiquent que les étudiants en médecine ont globalement des attitudes positives, mais celles-ci sont significativement plus favorables lorsque le terme “psilocybine” est utilisé. L’expérience personnelle avec les substances psychédéliques est associée à des attitudes et croyances plus positives, ainsi qu’à une meilleure connaissance auto-évaluée. Finalement, les attitudes et les croyances apparaissent comme des prédicteurs significatifs de la volonté des étudiants de recommander la TAP, indépendamment de leur expérience personnelle.
L’étude conclut que l’usage du terme “psilocybine” est préférable dans un contexte de recherche ou d’éducation. Bien que l’expérience personnelle influence positivement les opinions, ce sont les croyances et les attitudes qui semblent les plus déterminantes pour les futures recommandations médicales.
Cette étude vise à : 1) investiguer si les attitudes, croyances et connaissances des étudiants en médecine sont influencées par la terminologie utilisée (“psilocybine” contre “champignons magiques”) ; 2) explorer comment l’expérience personnelle des étudiants avec les psychédéliques affecte ces évaluations ; et 3) examiner si les attitudes, croyances et connaissances peuvent prédire les intentions comportementales des étudiants à recommander la thérapie assistée par la psilocybine (TAP).
- Participants : 295 étudiants en médecine d’une faculté de médecine au Texas (UTHealth Houston McGovern) ont participé à l’étude.
- Procédure : Les participants ont été invités par e-mail à répondre à un questionnaire en ligne approuvé par un comité d’éthique. Ils ont été répartis aléatoirement dans deux conditions terminologiques, l’une utilisant le terme “psilocybine” et l’autre “champignons magiques”.
- Mesures : L’enquête a évalué plusieurs dimensions :
- Les attitudes ont été mesurées à l’aide du différentiel sémantique d’Osgood.
- Les connaissances auto-évaluées sur la psilocybine ont été notées sur une échelle de 1 (très faibles) à 5 (très bonnes).
- Les croyances concernant la psilocybine ont été évaluées à l’aide de 11 énoncés.
- Les intentions comportementales de recommander la TAP (si approuvée par la FDA) ont été mesurées via 7 énoncés.
- Analyse statistique : Les données ont été analysées à l’aide du logiciel IBM SPSS Statistics. Des analyses de covariance multivariée (MANCOVA) et des modèles de régression hiérarchique ont été utilisés pour examiner les effets de la terminologie et de l’expérience personnelle, ainsi que pour prédire les intentions comportementales.
- Influence de la terminologie : Les étudiants exposés au terme “psilocybine” rapportent des attitudes significativement plus positives que ceux exposés au terme “champignons magiques”. Cependant, la terminologie n’a pas d’effet significatif sur leurs croyances ou leur niveau de connaissance auto-évalué.
- Influence de l’expérience personnelle : Une expérience personnelle antérieure avec des substances psychédéliques est associée à des attitudes et croyances significativement plus positives envers la psilocybine, ainsi qu’à une connaissance auto-évaluée plus élevée.
- Prédiction des intentions comportementales : Les attitudes et les croyances des étudiants sont des prédicteurs significatifs de leur volonté de recommander la thérapie assistée par la psilocybine (TAP). Dans le modèle final, après contrôle des variables confusionnelles (âge, genre, expérience personnelle, terminologie), seules les attitudes et les croyances restent des prédicteurs significatifs.
- Niveau de connaissance général : Le niveau de connaissance auto-évalué des étudiants en médecine concernant la psilocybine est globalement faible. Par exemple, seulement 11,6 % estiment avoir une “bonne” ou “très bonne” connaissance des recherches sur les effets de la psilocybine sur l’humeur.
Les conclusions de cette étude suggèrent que le choix des mots est crucial dans le contexte médical et académique. L’utilisation du terme clinique “psilocybine” est préférable à l’expression plus familière “champignons magiques”, car il favorise des attitudes plus positives chez les futurs professionnels de la santé, ce qui pourrait faciliter l’intégration de ces thérapies.
L’étude met en évidence un manque de connaissance significatif chez les étudiants en médecine concernant les thérapies assistées par la psilocybine. Cela souligne un besoin urgent d’intégrer une formation et une éducation rigoureuses sur les substances psychédéliques et leurs applications thérapeutiques dans les cursus médicaux, afin de préparer adéquatement les futurs prescripteurs.
Enfin, bien que l’expérience personnelle avec les psychédéliques soit corrélée à des opinions plus favorables, les résultats montrent que ce sont principalement les attitudes et les croyances fondamentales qui prédisent l’intention d’un futur médecin de recommander ces traitements. Cela indique que les interventions éducatives visant à modeler des attitudes et des croyances fondées sur des données probantes pourraient être plus efficaces pour influencer la pratique clinique future.
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