Cette étude examine les attitudes, les connaissances et l’ouverture d’esprit de la population australienne concernant les substances psychédéliques et leur utilisation thérapeutique. Malgré des avancées rapides dans les sciences psychédéliques et la légalisation croissante de ces substances pour le traitement des maladies mentales, la perception du public reste peu connue.
Une enquête transversale est menée auprès de 502 Australiens, ciblant à la fois des personnes souffrant de maladies mentales et la population générale. Les participants remplissent plusieurs questionnaires pour évaluer leurs attitudes, leurs connaissances de base sur les psychédéliques et leur perception de la thérapie assistée par psychédéliques.
Les résultats indiquent que 64,5% des répondants s’identifient comme ayant une maladie mentale. Une proportion significative se déclare favorable à la légalisation des psychédéliques pour un usage médical (43%) et ouverte à leur utilisation (52,4%). Cependant, moins de participants considèrent leurs effets comme positifs (24%) ou les jugent sûrs (33%). Les participants ayant une maladie mentale rapportent une expérience significativement plus grande avec les psychédéliques. L’expérience, la connaissance perçue et la connaissance réelle prédisent de manière significative des attitudes positives envers la légalisation et l’ouverture à ces substances.
En conclusion, bien qu’une large part des Australiens soutienne la légalisation des psychédéliques à des fins médicales, des préoccupations concernant leur sécurité persistent. Les personnes ayant une maladie mentale auto-déclarée, une expérience récréative antérieure et une meilleure connaissance des psychédéliques sont plus susceptibles d’avoir des attitudes positives envers ces substances et la thérapie assistée par psychédéliques.
L’étude vise à évaluer les attitudes, les connaissances et la disposition de la population générale australienne et des consommateurs de services de santé mentale envers les substances psychédéliques et la thérapie assistée par psychédéliques. Face aux progrès rapides de la recherche et à la légalisation croissante de ces substances à des fins médicales, la perception du public demeure en grande partie inexplorée, et cette recherche cherche à combler cette lacune.
- Type d’étude : Il s’agit d’une enquête transversale menée en ligne.
- Participants : L’échantillon final est composé de 502 Australiens recrutés via la plateforme de recherche Prolific. Les participants sont divisés en deux groupes : ceux ayant des antécédents auto-déclarés de maladie mentale (n=324) et ceux n’en ayant pas.
- Critères d’éligibilité : Les participants devaient être âgés de 18 ans ou plus, résider en Australie, maîtriser l’anglais et donner leur consentement éclairé.
- Outils de mesure : Trois instruments principaux sont utilisés : le questionnaire sur les attitudes envers les psychédéliques (Attitudes on Psychedelics Questionnaire – APQ), le test de connaissances de base sur les psychédéliques (Basic Knowledge of Psychedelics Test – BKPT), et un questionnaire développé par Corrigan et al. pour évaluer les attitudes spécifiques à la thérapie psychédélique.
- Analyse des données : Des analyses statistiques sont effectuées pour comparer les groupes, en utilisant des tests chi-carré, des analyses de covariance (ANCOVA) et des régressions linéaires multiples pour identifier les prédicteurs des attitudes.
- Prévalence de la maladie mentale : 64,5% des participants s’identifient comme ayant une maladie mentale. Ce groupe présente des différences démographiques significatives par rapport au groupe sans maladie mentale.
- Attitudes générales : Une part importante des participants est favorable à la légalisation des psychédéliques pour un usage médical (43%) et ouverte à leur utilisation (52,4%). Cependant, des doutes persistent quant à la positivité de leurs effets (24%) et à leur sécurité (33%).
- Différences entre les groupes : Les participants ayant une maladie mentale ont des attitudes significativement plus positives : ils sont plus favorables à la légalisation, perçoivent les effets plus positivement, estiment les risques plus faibles et se montrent plus ouverts à l’utilisation des psychédéliques.
- Expérience et connaissances : 61% des participants n’ont jamais utilisé de psychédéliques. Le groupe avec maladie mentale rapporte une expérience significativement plus élevée avec diverses substances, y compris les psychédéliques (44,1% vs 29,7%). La connaissance perçue, la connaissance réelle et l’expérience passée sont des prédicteurs significatifs des attitudes.
- Perception de la psilocybine vs MDMA : La psilocybine est perçue comme ayant un potentiel thérapeutique plus grand et étant plus sûre que la MDMA. Les participants se montrent plus disposés à suivre une thérapie assistée par la psilocybine.
Les conclusions de l’étude révèlent un paysage de perceptions nuancé en Australie. Il existe un soutien clair pour l’usage thérapeutique des substances psychédéliques, en particulier parmi les personnes ayant une expérience directe avec la maladie mentale. Ce soutien coexiste cependant avec d’importantes préoccupations concernant la sécurité de ces substances.
L’étude souligne un décalage entre la connaissance perçue et la connaissance réelle des psychédéliques, indiquant un besoin crucial d’éducation publique pour corriger les idées fausses. Des interventions éducatives pourraient influencer profondément la perception et l’acceptation publiques de l’usage des psychédéliques en contexte thérapeutique.
Enfin, les auteurs recommandent que les recherches futures et l’élaboration des politiques soient informées par une compréhension inclusive des attitudes du public afin de garantir une intégration responsable de ces thérapies dans le système de santé.
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