Cette revue de la portée analyse les données émergentes indiquant que les antidépresseurs à action rapide (RAADs), incluant la kétamine et les substances psychédéliques sérotoninergiques, peuvent affecter l’homéostasie de la myéline, au-delà de leurs effets rapides et durables sur plusieurs troubles psychiatriques.
Une recherche systématique a été menée dans plusieurs bases de données jusqu’en octobre 2025 pour identifier les études pertinentes. Quarante-et-une études ont été incluses, portant sur des modèles humains, animaux, in vitro et computationnels.
L’analyse révèle que les RAADs modulent la myéline de manière dépendante de la dose et de l’exposition. Les doses thérapeutiques favorisent généralement l’intégrité de la myéline et la maturation des oligodendrocytes. En revanche, des doses élevées ou répétées, ainsi qu’une exposition néonatale, peuvent perturber la structure et la fonction de la myéline, altérer la viabilité des oligodendrocytes et entraîner des effets secondaires cognitifs, affectifs et neurotoxiques.
L’étude conclut que la régulation de la myéline représente une composante de l’action des RAADs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier les mécanismes sous-jacents, leurs implications thérapeutiques pour la préservation ou la restauration de la myéline, et les effets secondaires potentiels.
L’objectif de cette revue est d’examiner la littérature scientifique disponible concernant les effets des antidépresseurs à action rapide (RAADs) sur la myéline et son homéostasie.
L’étude vise à identifier les mécanismes d’action potentiels, à souligner les lacunes dans les connaissances actuelles et à proposer des pistes pour de futures recherches afin de mieux comprendre le rôle de ces substances dans la modulation des processus liés à la myéline, pertinents pour les troubles psychiatriques et neurodégénératifs.
- Type d’étude : Il s’agit d’une revue de la portée (scoping review).
- Sources de données : Une recherche systématique a été effectuée dans les bases de données PubMed (MEDLINE), Web of Science, Europe PMC, Directory of Open Access Journals (DOAJ), et Google Scholar.
- Période de recherche : La recherche couvre les études publiées jusqu’en octobre 2025.
- Critères d’inclusion : L’analyse inclut des articles évalués par les pairs, rédigés en anglais, qu’il s’agisse d’études originales sur des humains, des animaux ou in vitro, examinant les effets des RAADs sur la myélinisation, la biologie des oligodendrocytes ou les mécanismes moléculaires et cellulaires associés.
- Recherche complémentaire : Les listes de références des articles inclus et des revues de littérature ont été examinées manuellement pour identifier des sources additionnelles pertinentes.
- Sélection des études : Un total de 41 études ont satisfait aux critères d’inclusion : 12 études chez l’humain, 21 chez l’animal, 7 in vitro et une étude computationnelle/théorique.
- Substances étudiées : Trente études se concentrent sur la kétamine et 11 sur les RAADs sérotoninergiques (LSD, DOI, psilocybine, DMT, etc.).
- Effets dose-dépendants : Les RAADs modulent la myéline de manière dépendante de la dose et de l’exposition.
- Effets des doses thérapeutiques : À des doses thérapeutiques, ces substances tendent à promouvoir l’intégrité de la myéline et la maturation des oligodendrocytes.
- Effets des doses élevées : Des doses élevées ou répétées, ou une exposition néonatale, peuvent perturber la structure et la fonction de la myéline, nuire à la viabilité des oligodendrocytes et causer des effets secondaires cognitifs, affectifs et neurotoxiques.
Les résultats suggèrent que la régulation de la myéline pourrait être une composante importante du mécanisme d’action des antidépresseurs à action rapide. Ces substances ont le potentiel d’influencer la biologie de la myéline, ce qui ouvre des perspectives pour des thérapies visant à préserver ou à restaurer son intégrité.
Toutefois, les effets étant fortement dépendants de la dose, une évaluation rigoureuse du dosage et de la durée du traitement est cruciale pour maximiser les bénéfices thérapeutiques tout en minimisant les risques potentiels. Des recherches approfondies sont indispensables pour élucider les mécanismes précis et les implications cliniques à long terme de ces effets.
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