Cette étude examine les expériences indésirables liées à l’usage de substances psychédéliques en dehors des contextes thérapeutiques. Bien que la psychothérapie assistée par psychédéliques gagne en popularité, la majorité des usages reste naturaliste. Il est donc crucial de comprendre les risques potentiels associés.
L’analyse repose sur une enquête en ligne anonyme menée auprès de 1 221 personnes ayant une expérience de consommation de psychédéliques. Les questions portent sur la fréquence de douze expériences indésirables distinctes, ainsi que sur leur connaissance directe ou indirecte de cas de contacts sexuels inappropriés impliquant un accompagnant, un guide ou un praticien.
Les résultats révèlent que la plupart des participants ont vécu des expériences difficiles, telles que la peur (74,3 %), la tristesse (58,6 %), des tremblements (54,3 %) et la solitude (51,6 %). De plus, 8 % des participants rapportent avoir été, ou connaître, une victime de contact sexuel inapproprié. Un tiers connaît une personne arrêtée pour possession ou usage de psychédéliques, et un quart connaît quelqu’un ayant subi un autre événement indésirable grave.
L’étude conclut que, malgré leurs bienfaits, les expériences psychédéliques peuvent être éprouvantes, voire dangereuses. Elle insiste sur l’importance de prévenir, d’identifier et de gérer ces événements indésirables pour assurer la sécurité et le bien-être des usagers, et de favoriser l’intégration, même lors de sessions non encadrées.
L’étude vise à décrire la fréquence d’une large gamme d’expériences indésirables associées à la consommation de substances psychédéliques, en incluant spécifiquement les cas de contact sexuel inapproprié, au sein d’une population d’usagers en contexte naturaliste (non clinique).
- Type d’étude : Il s’agit d’une étude quantitative réalisée au moyen d’un questionnaire en ligne anonyme et confidentiel (via la plateforme Qualtrics).
- Participants : L’échantillon final comprend 1 221 adultes (âgés de 18 ans et plus) ayant déclaré avoir déjà consommé une substance psychédélique.
- Recrutement : Les participants ont été recrutés en personne lors d’un événement de sensibilisation aux psychédéliques (Entheofest) dans le Michigan, ainsi que par le biais de listes de diffusion et de plateformes de médias sociaux (Reddit, Facebook) ciblant des groupes d’intérêt sur les psychédéliques.
- Collecte des données : Le questionnaire a évalué la fréquence de survenue de douze expériences psychologiques difficiles (ex: peur, panique, désespoir) lors de l’usage de psychédéliques. Il interrogeait également les participants sur leur connaissance (personnelle ou indirecte) de victimes de contacts sexuels inappropriés par un guide ou un praticien, d’arrestations, ou d’autres événements indésirables graves.
- Analyse : Des statistiques descriptives ont été utilisées pour quantifier les proportions des différentes expériences rapportées.
- Prévalence des expériences difficiles : La majorité des participants rapporte avoir vécu des expériences psychologiques difficiles durant leurs prises de psychédéliques. Les plus fréquentes sont la peur (74,3 %), la tristesse (58,6 %), la sensation de tremblements (54,3 %) et la solitude (51,6 %).
- Inconduite sexuelle : Près de 8 % (7,9 %) des participants déclarent qu’eux-mêmes ou une personne de leur entourage ont été victimes de contact sexuel inapproprié de la part d’un guide, d’un accompagnant ou d’un praticien. Les auteurs de ces actes sont le plus souvent des accompagnants ou guides ‘underground’ (46,3 %) et des amis ou connaissances (21,1 %).
- Conséquences légales : Près d’un tiers (31 %) des participants connaît quelqu’un ayant été arrêté pour possession ou usage de psychédéliques.
- Autres événements graves : Environ un quart (24,5 %) des répondants connaît une personne ayant vécu un événement indésirable grave (comme une psychose) lié à l’usage de psychédéliques, autre qu’une inconduite sexuelle ou une arrestation.
- Autres expériences indésirables : Environ la moitié des participants (51,9 %) rapporte avoir vécu d’autres types d’expériences indésirables. Les plus citées sont les réactions physiques (tensions musculaires, douleurs abdominales) et les difficultés de santé mentale (anxiété, dissociation, paranoïa) durant l’expérience.
Cette étude met en évidence que, malgré le potentiel thérapeutique des substances psychédéliques, leur usage n’est pas exempt de risques, notamment psychologiques, légaux et interpersonnels. Les résultats soulignent l’importance de ne pas sous-estimer ces expériences indésirables, même si elles sont souvent qualifiées de rares.
Les conclusions appellent à une meilleure caractérisation des risques pour développer des stratégies de réduction des dommages efficaces. Alors que l’usage des psychédéliques s’étend au-delà des essais cliniques, il devient essentiel de considérer attentivement le potentiel d’abus, en particulier dans les contextes non réglementés. L’étude suggère qu’un encadrement rigoureux, une formation adéquate des accompagnants et une surveillance réglementaire seront cruciaux pour garantir la sécurité des personnes et minimiser les préjudices.
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