La psilocybine représente une thérapie prometteuse pour la détresse liée au cancer, mais les modèles de traitement individuel existants sont coûteux en ressources. Cette étude conçoit et teste un modèle de groupe pour la thérapie à la psilocybine, destiné aux personnes atteintes d’un cancer métastatique présentant une anxiété et une dépression liées à leur maladie.
L’intervention se déroule en plusieurs étapes : deux sessions préparatoires virtuelles, une retraite de trois jours en personne dans un cadre rustique (comprenant la session de psilocybine et la première session d’intégration), et deux sessions d’intégration virtuelles supplémentaires. La psilocybine est administrée oralement à une dose de 25 mg.
L’étude évalue principalement la sécurité, définie par l’absence d'”épisodes de détresse du participant non pris en charge” nécessitant un facilitateur de secours. L’efficacité exploratoire est mesurée par la réduction des symptômes d’anxiété et de dépression via l’échelle HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale).
L’étude a pour objectifs d’évaluer la sécurité d’un format de thérapie de groupe à la psilocybine, en particulier concernant le ratio facilitateur-participant. Elle vise également à recueillir des données exploratoires sur l’efficacité de cette approche en mesurant les symptômes et d’autres aspects de l’expérience de groupe chez des patients atteints de cancer métastatique.
- Conception de l’étude : Il s’agit d’un essai clinique de phase 1/2, à bras unique et en ouvert, évaluant une thérapie de groupe à la psilocybine.
- Participants : 52 personnes atteintes d’un cancer métastatique avec des symptômes modérés à sévères d’anxiété ou de dépression ont participé. Les critères d’éligibilité incluaient un état de santé suffisant pour une retraite de 3 jours et un sevrage des antidépresseurs.
- Intervention : Le protocole comprend deux sessions préparatoires virtuelles, une retraite de 3 jours en personne (incluant la session avec 25 mg de psilocybine et une première session d’intégration), suivie de deux sessions d’intégration virtuelles.
- Encadrement : Chaque retraite est menée par une équipe de quatre facilitateurs principaux et deux facilitateurs de secours. Le nombre de participants par cohorte a été progressivement augmenté de cinq à huit en fonction des résultats de sécurité.
- Critères d’évaluation : Le critère de sécurité principal est l’absence d'”épisodes de détresse du participant non pris en charge”. Le critère d’efficacité exploratoire principal est la réduction des scores sur l’échelle HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale).
- Sécurité : L’étude n’enregistre aucun épisode de détresse non pris en charge par un facilitateur, atteignant ainsi son critère de sécurité principal. Aucun événement indésirable grave lié à l’intervention n’est signalé.
- Efficacité sur l’anxiété et la dépression : Les résultats montrent une réduction statistiquement significative des symptômes d’anxiété et de dépression. Le score total moyen à l’échelle HADS diminue de 17,5 à la ligne de base (J-14) à 10,2 à J+28, soit une baisse moyenne de 7,3 points (p < 0,0001).
- Autres bénéfices : Des améliorations significatives sont également observées sur d’autres mesures, notamment une diminution de la détresse liée à la mort et au mourir (DADDS), une réduction de la démoralisation (DS-II), et une amélioration de la fonction psychosociale (NIH-HEALS) et de la qualité de vie (FACT-G).
- Expérience des participants : Les participants rapportent des niveaux élevés d’expériences de type mystique (MEQ30) et un fort sentiment de connexion collective et d’expérience partagée (Communitas Scale).
L’étude démontre que la thérapie de groupe à la psilocybine, organisée sous forme de retraite, est une approche sûre et bien tolérée pour les patients atteints de cancer métastatique souffrant de détresse psychologique. Les mesures exploratoires d’efficacité suggèrent des bénéfices prometteurs qui justifient des recherches plus approfondies.
Ce modèle de groupe, qui intègre des éléments de nature et de rituel, offre une expérience comparable en profondeur aux thérapies individuelles tout en favorisant un soutien par les pairs. Les auteurs suggèrent qu’une configuration de groupe avec huit participants pour quatre facilitateurs principaux peut être utilisée en toute sécurité dans de futures études avec des participants atteints de maladies graves, offrant potentiellement une alternative moins intensive en ressources que les modèles individuels.
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