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Psychédélique(s) étudié(s) : MDMA, Psilocybine
Publiée le 21 janvier 2026
Type : Recherche originale
Auteurs : Christina Chwyl, Angelica Spata, Will Lucas, Jason B. Luoma
Résumé :

Cette étude compare les expériences mystiques et d’auto-transcendance induites par la psilocybine, la MDMA et le cannabis au sein d’un échantillon communautaire diversifié. Elle examine également les contributions relatives des facteurs pharmacologiques par rapport aux facteurs psychologiques (état d’esprit et contexte) dans la formation de ces expériences.

Les résultats indiquent que la psilocybine et la MDMA sont associées à des expériences d’auto-transcendance et mystiques plus intenses que le cannabis, même après contrôle des facteurs contextuels. Cependant, la taille des effets reste faible. L’étude révèle surtout un schéma de “l’état d’esprit avant la molécule” (mindset-over-molecule), où le contexte psychologique, notamment l’abandon à l’expérience et les motivations spirituelles ou prosociales, se révèle être un prédicteur beaucoup plus puissant des résultats que le type de substance consommé.

Objectif :

L’étude vise principalement à comparer les expériences mystiques et d’auto-transcendance vécues avec trois substances : la psilocybine (un psychédélique classique), la MDMA (un empathogène) et le cannabis, utilisé comme comparateur actif.

Un objectif secondaire est de clarifier les contributions relatives des facteurs pharmacologiques (la molécule elle-même) par rapport aux facteurs psychologiques (comme l’état d’esprit, les intentions et les motivations) dans le déclenchement de ces expériences profondes au sein d’un échantillon naturaliste.

Méthodologie :
  • Participants : L’étude inclut un échantillon final de 397 adultes (âgés de 18 ans et plus) résidant aux États-Unis, recrutés via une plateforme de crowdsourcing en ligne (CloudResearch Connect) pour assurer une plus grande diversité.
  • Procédure : Les participants sont assignés de manière aléatoire pour rapporter leur expérience d’usage la plus intense au cours des cinq dernières années avec soit le cannabis, soit la psilocybine, soit la MDMA.
  • Mesures : Des questionnaires standardisés sont utilisés pour évaluer les expériences d’auto-transcendance (Self-Transcendent Experiences Survey), les expériences mystiques (Mystical Experiences Questionnaire, MEQ-30), les émotions, ainsi que des variables contextuelles comme les traits de personnalité, les motivations d’usage et les intentions (“set” et “setting”).
  • Analyse : Des régressions linéaires hiérarchiques multiples sont menées pour examiner les effets du type de substance sur les résultats, d’abord seule, puis en ajustant pour les variables contextuelles.
Résultats principaux :
  • Comparaison des substances : La psilocybine et la MDMA sont associées à des expériences d’auto-transcendance (notamment la dimension de “connexion”) et mystiques significativement plus élevées que le cannabis. Cependant, les tailles d’effet sont généralement faibles à modérées et s’atténuent lorsque les covariables sont incluses.
  • Rôle du ‘mindset’ : Les facteurs psychologiques (‘set’), en particulier l’état d’abandon à l’expérience et les motivations spirituelles/prosociales, émergent comme les prédicteurs les plus robustes des expériences, surpassant de loin le type de substance.
  • Variance expliquée : Les modèles incluant les variables psychologiques expliquent jusqu’à 58% de la variance des expériences mystiques, alors que le type de substance seul en explique au maximum 10%.
  • Psilocybine vs MDMA : Aucune différence significative n’est observée entre la psilocybine et la MDMA concernant l’intensité des expériences mystiques ou d’auto-transcendance.
  • Usage concomitant : L’usage simultané d’autres substances est associé à une diminution des expériences de “perte de soi” (self-loss) et des expériences mystiques globales.
Implications cliniques :

Les conclusions de cette étude soutiennent fortement l’idée que le contexte psychologique (“set”) est un facteur plus déterminant que la substance elle-même (“molecule”) pour la qualité des expériences vécues. Ce schéma “mindset-over-molecule” a des implications thérapeutiques et de réduction des risques importantes.

L’étude suggère que la préparation et la culture d’un état d’esprit propice (ouverture, abandon, motivations prosociales) sont essentielles pour faciliter des expériences significatives et bénéfiques. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les propriétés pharmacologiques des substances, les approches thérapeutiques pourraient bénéficier d’une plus grande attention portée à la préparation psychologique des individus pour optimiser les résultats.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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