La psychothérapie assistée par la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA) démontre une efficacité pour réduire significativement la symptomatologie clinique du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Cependant, la croissance post-traumatique (CPT), qui se manifeste par des changements positifs dans la perception de soi, les relations interpersonnelles ou la philosophie de vie, n’a pas été étudiée dans le cadre de ce traitement.
Cette étude analyse les données regroupées de 60 participants issus de trois essais cliniques de phase 2. Les participants, qui présentaient un TSPT et une réponse inadéquate à des traitements antérieurs, sont répartis en deux groupes : un groupe recevant une dose active de MDMA (75–125 mg) et un groupe contrôle (placebo ou dose active de contrôle de 0–40 mg). Les mesures évaluent la croissance post-traumatique et la sévérité des symptômes du TSPT à différents moments, incluant un suivi à 12 mois.
Les résultats indiquent que la psychothérapie assistée par la MDMA entraîne une croissance post-traumatique et des réductions des symptômes cliniques avec des tailles d’effet de grande magnitude. Ces conclusions suggèrent que la croissance post-traumatique pourrait constituer un nouveau mécanisme d’action qui justifie des recherches plus approfondies.
L’objectif principal de cette étude est d’examiner si la psychothérapie assistée par la MDMA influence positivement la croissance post-traumatique (CPT) tout en réduisant les symptômes du trouble de stress post-traumatique (TSPT).
L’objectif secondaire est d’évaluer s’il existe une corrélation entre la réduction des symptômes du TSPT et les changements observés dans la croissance post-traumatique chez les participants.
- Type d’étude : Analyse secondaire exploratoire des données regroupées de trois essais cliniques de phase 2, randomisés, en triple aveugle et avec un design croisé.
- Participants : 60 individus diagnostiqués avec un TSPT selon les critères du DSM-IV-R, avec un score supérieur à 50 sur l’échelle CAPS-IV et ayant montré une réponse inadéquate à des traitements pharmacologiques ou psychothérapeutiques antérieurs.
- Groupes : Les données sont agrégées en deux groupes : un groupe recevant une dose active de MDMA (75–125 mg ; n=45) et un groupe contrôle recevant un placebo ou une dose de contrôle active faible (0–40 mg ; n=15).
- Intervention : L’intervention comprend deux sessions expérimentales de psychothérapie de 8 heures, espacées de 3 à 5 semaines, durant lesquelles les participants reçoivent soit la MDMA, soit le placebo. Trois séances de psychothérapie non médicamenteuse de 90 minutes précèdent la première session expérimentale, et trois autres suivent chaque session expérimentale.
- Mesures : Les principaux instruments de mesure utilisés sont l’Inventaire de Croissance Post-traumatique (PTGI) et l’Échelle du TSPT administrée par le clinicien (CAPS-IV). Les évaluations sont effectuées au début de l’étude (baseline), au critère d’évaluation principal (un mois après la deuxième session en aveugle), à la fin du traitement et lors d’un suivi à 12 mois.
- Critère d’évaluation principal : Le groupe MDMA montre une croissance post-traumatique (CPT) significativement plus élevée (Hedges’ g = 1.14, p < .001) et une réduction plus importante de la sévérité des symptômes du TSPT (Hedges’ g = 0.88, p < .001) par rapport au groupe contrôle.
- Corrélation : Dans le groupe MDMA, une corrélation négative significative est observée entre l’augmentation de la CPT et la diminution des symptômes du TSPT (r = −.42, p = .006), indiquant que plus les symptômes diminuaient, plus la croissance augmentait. Aucune corrélation de ce type n’est trouvée dans le groupe contrôle.
- Suivi à 12 mois : Par rapport au début de l’étude, les participants montrent une CPT significativement plus élevée (p < .001) et une sévérité des symptômes du TSPT significativement plus faible (p < .001).
- Rémission du diagnostic : Au suivi de 12 mois, deux tiers des participants (67,2%) ne répondent plus aux critères diagnostiques du TSPT.
Les conclusions de cette étude confirment l’efficacité de la psychothérapie assistée par la MDMA pour réduire de manière significative les symptômes du TSPT. De plus, elle met en évidence un aspect novateur : ce traitement facilite également des améliorations auto-déclarées significatives dans les relations interpersonnelles, la spiritualité, le sentiment de nouvelles possibilités, la force personnelle et l’appréciation de la vie, des dimensions regroupées sous le concept de croissance post-traumatique.
Les résultats suggèrent que la croissance post-traumatique pourrait être un mécanisme d’action psychologique indépendant contribuant à la rémission du TSPT. Le fait que ces améliorations cliniques soient durables, persistant au moins un an, souligne le potentiel thérapeutique à long terme de cette approche. Les recherches futures sur la psychothérapie assistée par des substances psychédéliques devraient inclure des mesures robustes de la croissance post-traumatique comme critère d’évaluation secondaire pour mieux comprendre les processus de guérison.
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