L’étude examine le potentiel d’une perfusion unique de kétamine, suivie d’une brève thérapie d’exposition, pour améliorer l’extinction post-récupération des souvenirs traumatiques dans le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Les antagonistes des récepteurs NMDA, comme la kétamine, jouent un rôle essentiel dans les processus de reconsolidation, où les souvenirs peuvent être modifiés.
Dans cet essai pilote, 27 individus diagnostiqués avec un TSPT sont assignés aléatoirement pour recevoir soit de la kétamine, soit du midazolam après la récupération d’un souvenir traumatique. Vingt-quatre heures plus tard, ils suivent une psychothérapie de quatre jours axée sur le trauma. L’étude évalue les symptômes et l’activité cérébrale avant, après le traitement et à 30 jours de suivi. Bien que les symptômes du TSPT s’améliorent dans les deux groupes, les résultats montrent que les participants ayant reçu de la kétamine présentent une réactivation plus faible de l’amygdale et de l’hippocampe en réponse aux souvenirs traumatiques. L’administration de kétamine est également associée à une connectivité réduite entre l’amygdale et l’hippocampe et à une réduction de l’anisotropie fractionnelle dans le fasciculus unciné bilatéral. Ces résultats préliminaires suggèrent que la kétamine pourrait améliorer l’extinction post-récupération des souvenirs traumatiques, offrant une piste prometteuse pour moduler la réponse à la peur sur le long terme.
L’objectif principal de cette étude pilote est d’identifier les biomarqueurs neuronaux de l’extinction post-récupération d’un souvenir traumatique authentique, en vue d’un potentiel essai clinique translationnel. L’hypothèse centrale est que les individus atteints de TSPT recevant de la kétamine présentent une plus grande réduction de la réactivité de l’amygdale aux indices traumatiques, par rapport à ceux recevant du midazolam. L’étude vise également à évaluer les effets sur la connectivité fonctionnelle (amygdale-hippocampe et amygdale-CPFvm), sur la structure de la matière blanche, ainsi que sur les symptômes du TSPT.
- Participants : L’étude inclut 27 individus (14 dans le groupe kétamine, 13 dans le groupe midazolam) diagnostiqués avec un TSPT chronique (plus d’un an).
- Conception : Il s’agit d’une étude pilote, randomisée, avec un groupe de contrôle actif (midazolam) pour maintenir l’insu des participants.
- Intervention : Les participants reçoivent une perfusion intraveineuse unique soit de kétamine (0,5 mg/kg sur 40 min), soit de midazolam (0,045 mg/kg), immédiatement après la réactivation de leur souvenir traumatique. Cette perfusion est suivie, 24 heures plus tard, par une psychothérapie de quatre jours basée sur l’exposition.
- Mesures : L’évaluation des symptômes (échelle PCL-5) et de l’activité cérébrale (IRMf et IRMd) est réalisée avant le traitement, à la fin du traitement (jour 7) et lors d’un suivi à 30 jours. Le principal critère d’évaluation neuronal est l’activation de l’amygdale en réponse à des scripts décrivant le trauma.
- Symptômes du TSPT : Les symptômes s’améliorent de manière significative et robuste dans les deux groupes (kétamine et midazolam) au fil du temps, sans différence significative entre les deux conditions en termes de taux d’amélioration.
- Réactivité de l’amygdale : À la fin du traitement, le groupe kétamine montre une réactivité de l’amygdale significativement plus faible en réponse aux souvenirs traumatiques par rapport au groupe midazolam. Cette différence est marginalement significative lors du suivi à 30 jours.
- Réactivité de l’hippocampe : Une tendance à une activation hippocampique plus faible est observée dans le groupe kétamine à la fin du traitement.
- Connectivité fonctionnelle : La connectivité entre l’amygdale et l’hippocampe postérieur est significativement plus faible dans le groupe kétamine à la fin du traitement. Aucune différence n’est observée dans la connectivité entre l’amygdale et le cortex préfrontal ventromédian (CPFvm).
- Matière blanche : Le groupe kétamine présente une réduction robuste et durable (au moins 30 jours) de l’anisotropie fractionnelle (AF) dans le fasciculus unciné droit et gauche, par rapport au groupe midazolam.
Cette étude fournit des preuves préliminaires qu’une seule perfusion de kétamine, combinée à une psychothérapie, entraîne des altérations dans le fonctionnement des circuits neuronaux liés au TSPT. Bien que les symptômes cliniques ne s’améliorent pas plus qu’avec le midazolam, les changements neuronaux observés sont notables.
Les résultats, notamment la diminution de la réactivité de l’amygdale sans modification de la connectivité avec le CPFvm, sont plus cohérents avec une modification du souvenir originel (via une extinction post-récupération) qu’avec une extinction classique. L’étude suggère que la kétamine pourrait faciliter la ‘réécriture’ des souvenirs traumatiques, modulant ainsi la réponse à la peur sur le long terme. Ces découvertes, bien que préliminaires, ouvrent la voie à de futures recherches sur le dosage, la fréquence et le moment de l’administration de la kétamine en combinaison avec la psychothérapie pour le TSPT.
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