Cette étude qualitative explore les perceptions des psychiatres européens, qui ne sont pas impliqués dans la recherche sur les psychédéliques, concernant les substances psychédéliques et la psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP).
À travers des entretiens semi-structurés avec 12 psychiatres de huit pays européens, l’analyse révèle une vision ambivalente. Les résultats sont organisés en quatre thèmes principaux : le potentiel des psychédéliques en tant qu’outils thérapeutiques, les dangers perçus liés à leurs effets secondaires et à leur mésusage, l’incertitude quant à leur avenir clinique et légal, et l’ambivalence générale de la communauté psychiatrique à leur égard.
Les auteurs soulignent que si les psychiatres reconnaissent le potentiel de la PAP, ils restent prudents en raison d’une base de données probantes jugée encore insuffisante. L’étude conclut sur l’importance d’améliorer la formation sur les psychédéliques dans les cursus médicaux et psychiatriques afin de permettre une participation éclairée des experts en santé mentale aux futures décisions concernant la PAP.
L’objectif principal de cette étude est d’explorer en profondeur comment les psychiatres européens qui ne participent pas à la recherche sur les psychédéliques perçoivent ces substances et la psychothérapie assistée par psychédéliques (PAP). L’étude cherche à comprendre leurs points de vue sur les facilitateurs et les obstacles à la recherche et à l’implémentation clinique de ces thérapies, ainsi que les implications de la recherche sur les psychédéliques pour leur pratique et pour la psychiatrie en général.
- Participants : L’échantillon comprend 12 spécialistes en psychiatrie et internes en psychiatrie (six hommes et six femmes) provenant de huit pays européens (Croatie, Pologne, Suède, Pays-Bas, Irlande, Italie, Royaume-Uni et France). Les participants ont été recrutés via un échantillonnage raisonné, de convenance et par la méthode boule de neige.
- Collecte des données : La collecte des données s’effectue par des entretiens semi-structurés en ligne, d’une durée approximative de 30 à 90 minutes, menés via la plateforme Microsoft Teams.
- Analyse des données : Les données sont analysées en utilisant une approche inductive générale éclairée par une analyse thématique par livre de codes (codebook thematic analysis). Le logiciel NVivo est utilisé pour gérer l’analyse qualitative des données.
- Thème 1 – Les psychédéliques ont du potentiel : Les participants reconnaissent les substances psychédéliques comme des outils thérapeutiques potentiellement utiles, capables d’apporter une nouvelle perspective à la psychiatrie et possédant un potentiel de recherche prometteur.
- Thème 2 – Les psychédéliques sont dangereux : Des préoccupations importantes sont soulevées concernant les risques d’effets secondaires graves, de mésusage, de dépendance, la stigmatisation sociale persistante et les effets potentiellement néfastes de l’engouement médiatique (‘hype’).
- Thème 3 – L’avenir des psychédéliques est incertain : Les participants expriment un sentiment d’incertitude dû au manque de données probantes robustes (essais contrôlés randomisés à grande échelle), aux défis liés à l’implémentation à grande échelle de la PAP et à l’influence du contexte social et politique.
- Thème 4 – La psychiatrie est ambivalente envers les psychédéliques : Les attitudes au sein de la communauté psychiatrique sont décrites comme mitigées et divisées. Cette ambivalence est accentuée par un manque général de formation sur le sujet, bien que la plupart des psychiatres adoptent une posture pragmatique, se disant prêts à utiliser ces traitements s’ils sont prouvés sûrs et efficaces.
L’étude suggère que, bien que les psychiatres européens soient ouverts au potentiel de la psychothérapie assistée par psychédéliques, leur prudence prévaut en raison de l’insuffisance perçue des preuves scientifiques actuelles. Une implication majeure est la nécessité d’intégrer une éducation formelle et systémique sur les substances psychédéliques dans la formation médicale et psychiatrique. Une meilleure connaissance permettrait aux cliniciens de s’engager de manière plus constructive dans le débat et les processus décisionnels concernant l’intégration éventuelle de ces thérapies. Pour favoriser l’adoption, la communication des résultats de la recherche doit se concentrer sur des données cliniquement pertinentes et des résultats centrés sur le patient.
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