Cette étude examine les effets de la kétamine et de la psilocybine, deux antidépresseurs à action rapide, sur la perception du temps chez le rat. Les auteurs partent de l’hypothèse que, puisque les patients déprimés rapportent une sensation de ralentissement du temps, ces substances pourraient produire l’effet inverse, à savoir une sous-estimation du temps, ce qui contribuerait à leurs propriétés thérapeutiques.
L’étude évalue les isomères de la kétamine ((R)-kétamine et (S)-kétamine), la psilocybine, la psilocine et la norpsilocine. Les résultats indiquent que seule la (S)-kétamine produit une sous-estimation du temps, mais cet effet s’accompagne d’importantes perturbations comportementales. La (R)-kétamine, en revanche, ne modifie pas la perception du temps mais montre des effets pro-cognitifs. La psilocybine et la psilocine provoquent principalement des effets non spécifiques, tandis que la norpsilocine n’a aucun effet mesurable.
Les conclusions suggèrent que la sous-estimation du temps induite par la (S)-kétamine pourrait être liée à son action antidépressive, mais au prix de perturbations comportementales sévères. L’étude propose que ces perturbations reflètent objectivement les actions de type psychotomimétique des substances psychédéliques.
L’objectif principal de cette étude est de tester l’hypothèse selon laquelle les substances de type kétamine et psilocybine peuvent produire une sous-estimation du temps, un effet qui pourrait potentiellement contribuer à leurs propriétés antidépressives. Les chercheurs examinent les effets des isomères (R)- et (S)-kétamine, ainsi que de la psilocybine, de la psilocine et de la norpsilocine, sur la discrimination temporelle et les fonctions cognitives chez des rats mâles.
- Participants : L’étude utilise des rats mâles Sprague-Dawley, divisés en deux groupes pour deux tâches différentes : 20 pour la tâche de discrimination temporelle (TDT) et 40 pour la tâche de réaction en série à cinq choix (5-CSRTT).
- Tâches expérimentales : Deux tâches principales sont utilisées :
1. Tâche de discrimination temporelle (TDT) : Pour évaluer l’estimation du temps. Les rats doivent discriminer entre un stimulus de courte durée (3 secondes) et un de longue durée (12 secondes).
2. Tâche de réaction en série à cinq choix (5-CSRTT) : Pour évaluer l’attention, l’impulsivité et d’autres fonctions cognitives. - Substances administrées : Les rats reçoivent par injection intrapéritonéale les substances suivantes : (R)-kétamine (7,5, 15 et 30 mg/kg), (S)-kétamine (3,75, 7,5 et 15 mg/kg), psilocybine (0,3 et 1 mg/kg), psilocine (0,22 et 0,72 mg/kg) et norpsilocine (0,22 et 0,72 mg/kg).
- Analyse des données : Les fonctions psychométriques individuelles sont analysées pour déterminer le point de subjectivité égale (T50), la pente et la fraction de Weber, afin de quantifier les changements dans la perception du temps. D’autres paramètres comme les latences de réponse et le nombre de réponses correctes/incorrectes sont également mesurés.
- (S)-kétamine : À la dose de 15 mg/kg, elle déplace la courbe psychométrique vers la droite dans la tâche TDT, ce qui suggère une sous-estimation du temps. Cependant, cet effet est accompagné d’une diminution de la précision, d’une augmentation des latences de réponse et des réponses incorrectes, ainsi que d’une réduction des réponses correctes. Dans la tâche 5-CSRTT, elle réduit les réponses prématurées.
- (R)-kétamine : Elle n’affecte pas la perception du temps. Elle présente des effets pro-cognitifs en réduisant les réponses incorrectes dans la tâche TDT et en augmentant la précision dans la tâche 5-CSRTT.
- Psilocybine et Psilocine : Ces deux substances produisent principalement des effets non spécifiques dans les deux tâches, comme une augmentation des omissions et une réduction des réponses correctes, sans affecter significativement la discrimination temporelle.
- Norpsilocine : Elle ne montre aucun effet mesurable dans les deux tâches expérimentales.
Les résultats de l’étude suggèrent que la sous-estimation du temps, bien que potentiellement liée à l’effet antidépresseur de la (S)-kétamine, n’est pas un mécanisme partagé par toutes les substances antidépressives à action rapide testées. Le fait que la (R)-kétamine soit cliniquement active sans affecter la perception du temps remet en question la nécessité des effets de type psychotomimétique pour l’action antidépressive.
L’étude propose que les perturbations comportementales sévères observées, notamment avec la (S)-kétamine, pourraient être une mesure objective de leurs effets psychotomimétiques. En revanche, les effets pro-cognitifs inattendus de la (R)-kétamine justifient des recherches plus approfondies sur son potentiel thérapeutique.
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