Cette étude explore les justifications de l’usage de substances psychédéliques auprès de 40 personnes interrogées en Finlande. La méthodologie repose sur l’analyse de 40 entretiens thématiques avec des usagers finlandais, en utilisant l’analyse de justification comme cadre analytique. L’étude examine les justifications telles qu’exprimées par les usagers.
Les résultats révèlent que la quasi-totalité du spectre des logiques de justification de Boltanski et Thévenot est représentée dans les discours des participants, à l’exception de la logique du monde marchand. Un “monde du soi” additionnel est proposé pour capturer les justifications liées aux expériences personnelles diverses, y compris le plaisir, un aspect souvent négligé dans la recherche clinique. Les participants ont tendance à faire une distinction entre l’usage de substances psychédéliques et celui d’autres drogues ou substances intoxicantes. Les justifications employées vont du niveau personnel au niveau sociétal, et du spirituel au technologique. Globalement, ces justifications semblent largement influencées par la nouvelle vague de recherche sur les psychédéliques, les bénéfices auto-expérimentés et les idéaux de l’individualisme. Les effets positifs rapportés incluent des sentiments d’euphorie et d’autres émotions positives, même lorsque l’usage est motivé par le développement personnel ou l’automédication.
L’étude conclut que les aspects positifs et plus récréatifs de l’usage des psychédéliques sont importants pour les usagers et pourraient constituer une part essentielle des bénéfices thérapeutiques de ces substances, ce qui est souvent ignoré dans la recherche.
L’étude vise à explorer et à analyser les justifications de l’usage de substances psychédéliques au sein d’un groupe de 40 participants finlandais. L’objectif est d’identifier les différents types de justifications mobilisées par les usagers et, à travers elles, d’interpréter la place que les psychédéliques occupent dans la société finlandaise contemporaine.
- Participants : L’étude est menée auprès de 40 individus finlandais qui utilisent ou ont utilisé des substances psychédéliques. L’échantillon est composé de 31 hommes, 8 femmes et une personne n’ayant pas spécifié son genre. Les participants présentent un niveau d’éducation élevé, 75% d’entre eux détenant un diplôme universitaire.
- Collecte des données : La collecte de données s’appuie sur 40 entretiens thématiques individuels, menés par Mika Tsupari entre mars et juillet 2022. Le recrutement s’est fait via une association et par la méthode boule de neige.
- Cadre analytique : L’analyse des données utilise le cadre théorique de la justification de Boltanski et Thévenot. Ce cadre est complété par les auteurs avec la création d’un “monde du soi” pour mieux rendre compte des justifications liées à l’expérience personnelle, au plaisir et à l’individualisme.
- Spectre des justifications : Les entretiens révèlent l’utilisation de presque toutes les logiques de justification décrites par Boltanski et Thévenot. Seul le “monde marchand” n’est pas explicitement mobilisé par les participants pour justifier leur consommation.
- Création du “monde du soi” : Un monde de justification supplémentaire, le “monde du soi”, est identifié pour englober les arguments liés au développement personnel, aux expériences intimes, au plaisir, à la curiosité et à la stimulation intellectuelle.
- Distinction de l’usage : Les participants établissent une nette distinction entre leur consommation de psychédéliques et l’usage d’autres drogues illicites ou substances intoxicantes, en se basant sur les effets bénéfiques et thérapeutiques qu’ils rapportent.
- Influences multiples : Les justifications sont façonnées par diverses influences, notamment les découvertes de la recherche scientifique récente sur les psychédéliques, les bénéfices personnels ressentis et les valeurs de l’individualisme.
- Importance du plaisir : Les effets positifs, tels que l’euphorie, sont décrits comme des composantes importantes de l’expérience, même dans des contextes d’automédication ou de développement personnel.
Cette recherche suggère que les aspects positifs, hédoniques et récréatifs de l’usage de substances psychédéliques sont des dimensions fondamentales pour les usagers. Ces aspects, souvent négligés ou minimisés dans la recherche clinique, pourraient jouer un rôle crucial dans les bienfaits thérapeutiques de ces substances et méritent une plus grande considération.
L’analyse des justifications montre comment les discours des usagers, nourris par la recherche scientifique et l’expérience personnelle, offrent des récits alternatifs qui contrastent fortement avec la politique finlandaise en matière de drogues. Cette dernière tend à considérer toutes les substances illicites comme une catégorie monolithique et néfaste. L’étude met en évidence une redéfinition de l’usage des psychédéliques comme une pratique d’automédication, une démarche spirituelle ou une solution innovante pour la santé mentale.
La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.