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Psychédélique(s) étudié(s) : Psilocybine
Publiée le 21 décembre 2022
Type : Essai clinique
Auteurs : Robin von Rotz, Eva M. Schindowski, Johannes Jungwirth, Anna Schuldt, Nathalie M. Rieser, Katharina Zahoranszky, Erich Seifritz, Albina Nowak, Peter Nowak, Lutz Jäncke, Katrin H. Preller, Franz X. Vollenweider
Résumé :

L’étude évalue l’efficacité d’une dose unique et modérée de psilocybine comme traitement du trouble dépressif majeur (TDM). Des recherches antérieures suggèrent que la psilocybine est un traitement novateur à action rapide pour la dépression, mais aucune étude n’avait encore comparé une dose unique et modérée à un placebo dans un essai clinique.

Dans cet essai randomisé en double aveugle, 52 participants atteints de TDM reçoivent soit une dose modérée de psilocybine (0,215 mg/kg), soit un placebo, en complément d’un soutien psychologique. La gravité de la dépression est mesurée à l’aide des échelles MADRS et BDI, les changements par rapport à la situation de base jusqu’à 14 jours après l’intervention constituant les principaux critères d’évaluation.

Les résultats indiquent que le groupe traité à la psilocybine présente une réduction absolue et significative de la gravité des symptômes par rapport au groupe placebo, 14 jours après l’intervention. Plus de la moitié des participants (54%) du groupe psilocybine remplissent les critères de rémission. L’étude conclut qu’une seule dose modérée de psilocybine réduit de manière significative les symptômes dépressifs pendant au moins deux semaines, sans qu’aucun événement indésirable grave ne soit signalé. Ces résultats suggèrent la nécessité de mener des essais multicentriques plus vastes avec un suivi à plus long terme pour optimiser ce paradigme de traitement.

Objectif :

L’objectif principal de cet essai clinique randomisé est d’examiner l’effet d’une dose unique et modérée de psilocybine, administrée avec un soutien psychologique, par rapport à un placebo chez des patients atteints de trouble dépressif majeur (TDM). L’étude émet l’hypothèse qu’une seule dose modérée de psilocybine est plus efficace qu’un placebo pour réduire rapidement les symptômes dépressifs.

Méthodologie :
  • Type d’étude : Il s’agit d’un essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, mené dans un seul centre à l’Hôpital psychiatrique universitaire de Zurich, en Suisse, entre avril 2019 et octobre 2021.
  • Participants : 52 participants âgés de 20 à 60 ans, diagnostiqués avec un épisode dépressif dans le contexte d’un trouble dépressif majeur, ont été recrutés.
  • Intervention : Les participants ont été répartis aléatoirement (ratio 1:1) pour recevoir soit une dose unique modérée de psilocybine (0,215 mg/kg), soit une capsule de placebo identique. Les deux groupes ont bénéficié d’un soutien psychologique structuré avant, pendant et après la séance d’administration, totalisant 11 heures de contact thérapeutique.
  • Mesures : Les principaux critères d’évaluation sont les changements des scores de dépression sur l’échelle de Montgomery-Åsberg (MADRS, évaluée par le clinicien) et l’inventaire de dépression de Beck (BDI, auto-évalué) entre le début de l’étude et 14 jours après l’intervention. Les mesures secondaires incluent l’anxiété, le bien-être général et les effets subjectifs de la substance.
Résultats principaux :
  • Efficacité principale : Quatorze jours après l’intervention, le groupe ayant reçu la psilocybine montre une diminution absolue de la sévérité des symptômes significativement plus importante que le groupe placebo. La réduction est de -13,0 points sur l’échelle MADRS et de -13,2 points sur l’échelle BDI.
  • Taux de réponse et de rémission : Dans le groupe psilocybine, les taux de réponse à 14 jours sont de 58% selon la MADRS et de 54% selon le BDI. Les taux de rémission atteignent 54% (MADRS) et 46% (BDI), des chiffres significativement supérieurs à ceux du groupe placebo.
  • Évolution temporelle : Les différences les plus importantes entre les groupes en termes de symptomatologie dépressive sont observées deux jours après l’administration de la substance.
  • Sécurité et tolérance : Aucun événement indésirable grave n’est signalé. Les effets indésirables les plus fréquents sont des maux de tête légers. L’intervention provoque une augmentation transitoire et modérée de la pression artérielle, mais elle est jugée bien tolérée par l’ensemble des participants. Aucune médication de secours n’a été nécessaire.
  • Effets subjectifs : L’intensité des effets psychédéliques subjectifs (mesurée par le questionnaire ASC) ne montre pas de corrélation significative avec la réduction des symptômes dépressifs à deux semaines.
Implications cliniques :

Les résultats de cette étude suggèrent qu’une dose unique et modérée de psilocybine, combinée à un soutien psychologique, produit des effets antidépresseurs rapides, cliniquement significatifs et durables chez les patients atteints de trouble dépressif majeur, comparativement à un placebo.

Cette étude renforce l’idée que la thérapie assistée par la psilocybine pourrait constituer une option de traitement efficace pour la dépression. Les auteurs soulignent qu’une seule dose modérée pourrait être aussi efficace que les schémas à doses multiples ou plus élevées utilisés dans des études antérieures, tout en présentant un profil d’effets indésirables plus faible. L’absence de corrélation entre l’intensité de l’expérience subjective et les résultats thérapeutiques incite à poursuivre les recherches sur les mécanismes d’action psychologiques et neuronaux des substances psychédéliques.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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