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La kétamine est un médicament anesthésique dissociatif utilisé depuis les années 1970 en chirurgie humaine et vétérinaire. Elle est aujourd’hui employée à la fois pour l’anesthésie, le traitement de certaines douleurs et, dans des cadres spécialisés, pour la dépression résistante aux traitements.

Ces dernières années, une forme dérivée appelée eskétamine a été développée comme médicament distinct, notamment sous forme de spray nasal (Spravato), pour certains patients souffrant de dépression résistante. Même si elles sont proches, kétamine et eskétamine ne s’utilisent pas exactement dans les mêmes contextes, ni avec le même cadre réglementaire.

Malgré l’intérêt pour leurs effets rapides sur l’humeur, ces traitements restent réservés à des équipes médicales spécialisées. En dehors de ce cadre, la kétamine demeure une substance aux effets psychiques puissants et aux risques réels, en particulier en cas d’usage répété, à fortes doses ou en automédication.

Noms communs : Kétamine, Special K, K
Nom scientifique : 2-(2-Chlorophényl)-2-(méthylamino)cyclohexanone
Type de substance : Synthétique
Classe chimique : Arylcyclohexylamines
Formule chimique : C₁₃H₁₆ClNO
Origine et histoire :

La kétamine a été synthétisée au début des années 1960 comme alternative plus sûre à la phencyclidine (PCP), alors utilisée comme anesthésique mais associée à de nombreux effets indésirables psychiatriques. Elle s’est rapidement imposée en médecine humaine et vétérinaire pour son effet anesthésique rapide, sa relative sécurité d’emploi et la préservation de la respiration.

À partir des années 2000, des travaux ont mis en évidence un effet antidépresseur rapide de la kétamine à faible dose chez des personnes souffrant de dépression résistante, ce qui a relancé l’intérêt pour cette molécule en psychiatrie. Parallèlement, ses effets dissociatifs et hallucinogènes ont favorisé une diffusion dans certains milieux festifs, avec une augmentation des usages récréatifs et des complications associées.

Effets de la substance :

Effets recherchés :

  • Dissociation entre l’esprit et le corps
  • Modification de la perception du temps et de l’espace
  • Sensation d’euphorie et d’apaisement
  • Réduction rapide des symptômes dépressifs et anxieux
  • Effet analgésique puissant

Effets thérapeutiques potentiels

  • Dépression résistante : La kétamine peut induire un effet antidépresseur rapide, parfois dès la première administration, chez des patients n’ayant pas répondu aux traitements habituels.
  • Effet temporaire : Le bénéfice clinique est souvent transitoire, ce qui conduit à l’utilisation de protocoles en plusieurs séances avec suivi médical.
  • Idéation suicidaire aiguë : En milieu spécialisé, elle peut contribuer à réduire rapidement certaines idées suicidaires.
  • Anxiété et TSPT : Elle est étudiée dans certains troubles anxieux sévères et le trouble de stress post-traumatique, avec des résultats encore hétérogènes.
  • Douleurs chroniques : Elle peut aussi être utilisée contre certaines douleurs neuropathiques et le syndrome douloureux régional complexe.
Effets secondaires et risques :

Effets secondaires à court terme :

  • Confusion, désorientation et troubles de la coordination
  • Dissociation, hallucinations ou impression de sortie du corps
  • Nausées, vomissements, vertiges ou vision trouble
  • Augmentation temporaire de la pression artérielle et du rythme cardiaque
  • Anxiété ou malaise psychique durant l’expérience

Effets secondaires à long terme :

  • Cystite à la kétamine : Un usage répété peut endommager la vessie et provoquer douleurs, brûlures urinaires, urgenturie et pollakiurie.
  • Troubles cognitifs : Des altérations de la mémoire et de l’attention ont surtout été observées en cas de consommation chronique ou à fortes doses.
  • Potentiel addictif : Une tolérance et une dépendance psychologique peuvent s’installer, en particulier dans les usages récréatifs répétés.
  • Suivi médical nécessaire : Même en contexte thérapeutique, les traitements répétés nécessitent une surveillance cardiovasculaire, psychiatrique et parfois urinaire.
Statut légal :

La kétamine est un médicament autorisé dans de nombreux pays comme anesthésique, notamment en chirurgie, en médecine d’urgence et en médecine vétérinaire. Son usage en psychiatrie dépend toutefois de la forme utilisée et du cadre réglementaire local.

  • France : La kétamine est autorisée comme anesthésique. En psychiatrie, son utilisation dans la dépression résistante repose le plus souvent sur un usage hors autorisation de mise sur le marché (hors AMM), dans des centres spécialisés. L’eskétamine intranasale (Spravato) dispose d’un cadre spécifique en milieu hospitalier pour certains patients souffrant de dépression résistante.
  • Union européenne : L’eskétamine intranasale (Spravato) est autorisée pour certains adultes souffrant de dépression résistante au traitement. Son administration doit se faire sous la supervision directe d’un professionnel de santé, avec surveillance après chaque séance et mesures spécifiques de gestion du risque.
  • États-Unis : La kétamine est autorisée comme anesthésique, tandis que l’eskétamine intranasale est approuvée dans la dépression résistante au traitement dans un cadre très encadré. La kétamine racémique peut également être utilisée hors indication en clinique spécialisée.
  • Canada, Australie et autres pays : Plusieurs pays autorisent la kétamine comme anesthésique et permettent, selon leurs réglementations nationales, un usage psychiatrique spécialisé ou hors indication dans la dépression résistante.
  • Important : Le statut légal de la kétamine varie selon les pays, les formulations, les indications thérapeutiques et les conditions de prescription. Son utilisation doit toujours s’inscrire dans un cadre médical strict.
Méthode d'administration :

La kétamine peut être administrée de différentes manières selon le contexte médical, thérapeutique ou récréatif. Les effets, la rapidité d’action et les risques varient selon la voie d’administration.

  • Intraveineuse (IV) : La perfusion intraveineuse est la méthode la plus utilisée en milieu hospitalier et la plus étudiée dans la dépression résistante. Elle permet un effet rapide et un contrôle précis de la dose.
  • Intramusculaire (IM) : L’injection intramusculaire est parfois utilisée en anesthésie ou dans certains protocoles thérapeutiques. Son effet est rapide, mais le contrôle de l’administration est un peu moins fin qu’en intraveineux.
  • Intranasale : L’eskétamine en spray nasal (Spravato) est utilisée dans certains cadres médicaux spécialisés, notamment pour la dépression résistante. Elle doit être administrée sous supervision d’un professionnel de santé.
  • Orale ou sublinguale : Des formes orales ou sublinguales sont parfois utilisées dans certains contextes cliniques ou en recherche, mais elles sont moins standardisées et moins étudiées que les formes injectables ou intranasales.
  • Usage récréatif : En dehors du cadre médical, la kétamine peut être sniffée, avalée ou injectée, ce qui augmente les risques de mauvaise évaluation de la dose, d’accidents, de dépendance et de complications urinaires.
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