Cette étude transversale examine les issues de santé indésirables autodéclarées et attribuées à l’usage récent de cinq substances psychédéliques (psilocybine, LSD, MDMA, ibogaïne et 5-MeO-DMT) au sein d’une cohorte représentative d’adultes aux États-Unis.
L’analyse met en évidence des proportions d’effets indésirables physiques, psychiatriques et de recours aux soins médicaux particulièrement élevées chez les personnes consommant de l’ibogaïne ou de la 5-MeO-DMT. En revanche, en raison d’une prévalence de consommation plus importante en population générale, le nombre absolu d’individus touchés par des effets secondaires demeure nettement plus important pour la psilocybine, le LSD et la MDMA.
L’étude vise à décrire et quantifier la fréquence des changements de santé physique et mentale, l’apparition de symptômes indésirables spécifiques ainsi que le recours aux services de soins de santé attribués à l’usage de psychédéliques en population générale américaine.
- Source des données : Données issues de l’enquête 2025 du “National Survey Investigating Hallucinogenic Trends” (NSIHT), un panel en ligne à double consentement couvrant l’ensemble des 50 États américains, pondéré pour refléter la population nationale.
- Participants : Échantillon de 1 964 adultes déclarant un usage au cours des 12 derniers mois de psilocybine (n = 1 151), de LSD (n = 376), de MDMA (n = 539), d’ibogaïne (n = 74) ou de 5-MeO-DMT (n = 95).
- Mesures : Évaluation des évolutions de la santé physique et mentale sur 12 mois et du recours aux soins attribués à chaque substance. Pour les usagers des 3 derniers mois, analyse de 13 effets secondaires issus du “Swiss Psychedelic Side Effects Inventory”.
- Analyses statistiques : Estimations descriptives des pourcentages pondérés accompagnés de leurs intervalles de confiance à 95 % (IC à 95 %) via le logiciel R.
- Prévalence annuelle : La prévalence pondérée d’usage au cours des 12 derniers mois s’établit à 3,1 % pour la psilocybine, 1,5 % pour la MDMA, 1,0 % pour le LSD, 0,3 % pour la 5-MeO-DMT et 0,2 % pour l’ibogaïne.
- Détérioration perçue de l’état de santé : Une dégradation de la santé physique est rapportée par 45,1 % des usagers d’ibogaïne et 42,7 % de 5-MeO-DMT, contre 6,2 % pour la psilocybine. De même, une aggravation de la santé mentale est attribuée à l’usage par 34,5 % des consommateurs d’ibogaïne et 30,1 % de 5-MeO-DMT, contre 4,7 % pour la psilocybine et 10,8 % pour le LSD.
- Recours aux soins médicaux : L’utilisation de services de santé attribuée à la substance concerne 74,2 % des consommateurs d’ibogaïne et 63,8 % des consommateurs de 5-MeO-DMT, contre 16,2 % pour la psilocybine, 27,1 % pour la MDMA et 27,3 % pour le LSD.
- Effets indésirables récents : Parmi les usagers des 3 derniers mois, au moins un effet indésirable sur les 13 répertoriés est signalé par 94,8 % des usagers d’ibogaïne, 92,8 % pour la 5-MeO-DMT, 83,6 % pour le LSD, 81,4 % pour la MDMA et 75,6 % pour la psilocybine.
- Signes cardiovasculaires et suicidaires : Des palpitations cardiaques ou douleurs thoraciques sont rapportées par 51,3 % des usagers de 5-MeO-DMT et 44,2 % pour l’ibogaïne. Des pensées de mort ou de suicide sont attribuées par 59,3 % des usagers d’ibogaïne et 36,6 % pour la 5-MeO-DMT.
Ces constats illustrent des variations notables de profil de tolérance et de sécurité selon les substances psychédéliques utilisées en contexte non médical. Les proportions élevées de complications associées à l’ibogaïne et à la 5-MeO-DMT corroborent leurs risques pharmacologiques intrinsèques, notamment sur le plan cardiovasculaire.
Alors que les réformes législatives progressent, ces données soulignent l’importance capitale d’une surveillance épidémiologique continue, du déploiement de stratégies de réduction des risques adaptées et d’une communication publique rigoureuse quant aux risques et bénéfices potentiels de ces molécules.
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