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Psychédélique(s) étudié(s) : 2C-B, DMT, LSD, Psilocybine
Publiée le 4 août 2021
Type : Etude
Auteurs : Sandeep M. Nayak, Natalie Gukasyan, Frederick S. Barrett, Earth Erowid, Fire Erowid, Roland R. Griffiths
Résumé :

Face à l’intérêt thérapeutique grandissant suscité par les substances psychédéliques pour traiter les troubles de l’humeur, les personnes vivant avec un trouble bipolaire restent généralement exclues des essais cliniques par mesure de précaution. Les données relatives aux interactions entre psychédéliques et régulateurs de l’humeur demeurent particulièrement rares, malgré le risque d’automédication chez ces patients.

Cette étude analyse de manière systématique des témoignages d’expériences en ligne combinant un psychédélique classique (comme le LSD ou la psilocybine) à du lithium ou de la lamotrigine. Les résultats mettent en évidence une association marquée entre la prise concomitante de lithium et la survenue de crises convulsives ou d’expériences psychologiques indésirables sévères, alors qu’aucun signal d’alarme de ce type n’apparaît avec la lamotrigine.

Les auteurs concluent que l’utilisation de substances psychédéliques représente un risque épileptogène majeur chez les patients traités par lithium, justifiant d’ériger cette association en contre-indication formelle.

Objectif :

L’étude vise à identifier et évaluer les signaux d’alerte pharmacologiques et les risques d’effets indésirables graves associés à l’administration conjointe de psychédéliques classiques et de stabilisateurs de l’humeur couramment prescrits, en particulier le lithium et la lamotrigine.

Elle cherche également à comparer la nature des interactions subjectives et physiologiques rapportées entre ces deux régulateurs de l’humeur afin de guider la sécurité des futurs protocoles cliniques et la réduction des risques.

Méthodologie :
  • Sources des données : Extraction systématique de rapports d’expériences sur trois plateformes en ligne réputées (Erowid.org, Shroomery.org et Reddit.com) via des interfaces de programmation (API) et des scripts de moissonnage web.
  • Critères de recherche : Ciblage des récits combinant des régulateurs de l’humeur (lithium, lamotrigine, acide valproïque, carbamazépine, oxcarbazépine) avec des agonistes des récepteurs 5-HT2A (LSD, psilocybine, DMT, mescaline, peyotl, San Pedro, ayahuasca).
  • Sélection des cas : Élimination des doublons, exclusion des microdoses et des doses homéopathiques de lithium (inférieures à 30 mg). Analyse finale restreinte au lithium et à la lamotrigine en raison du faible nombre de données pour les autres molécules.
  • Codage des effets : Analyse qualitative manuelle et classification des comptes rendus en six catégories exclusives : crise convulsive (“seizure”), mauvaise expérience (“bad trip”), effets intensifiés, effets diminués, absence totale d’effets, ou effet neutre/inchangé.
Résultats principaux :
  • Rapports concernant le lithium (n = 62) : 46,8 % des rapports (29 sur 62) font état de crises convulsives, 17,7 % d’un “bad trip” sans convulsion et 19,4 % d’effets subjectifs nettement intensifiés. Seuls 8,1 % rapportent une expérience neutre.
  • Recours aux urgences : 39 % des cas impliquant le lithium mentionnent une prise en charge médicale d’urgence (intervention ambulancière ou hospitalisation).
  • Substances concernées avec le lithium : Les crises convulsives surviennent dans 49,1 % des cas rapportés avec le LSD (27 sur 55) et dans 33,3 % des cas avec la psilocybine (2 sur 6). L’exclusion des co-consommations d’autres psychotropes maintient le taux de convulsions à 54,5 %.
  • Rapports concernant la lamotrigine (n = 34) : Aucune crise convulsive ni aucun “bad trip” n’est recensé. Dans 64,7 % des cas, la lamotrigine n’altère pas l’expérience psychédélique ; 17,6 % décrivent un effet psychédélique atténué et 8,8 % une absence d’effet.
Implications cliniques :

Ces conclusions soulignent l’existence d’un risque clinique sévère lié à l’interaction entre le lithium et les psychédéliques sérotoninergiques classiques. Sur le plan mécanistique, cette vulnérabilité pourrait résulter d’une synergie neurochimique accroissant l’excitabilité corticale ou diminuant le seuil épileptogène via la modulation du locus coeruleus.

Sur le plan pratique, les cliniciens doivent considérer la prise de lithium comme une contre-indication stricte à l’usage de substances psychédéliques. À l’inverse, l’absence apparente d’effets indésirables majeurs avec la lamotrigine offre des pistes encourageantes pour concevoir de futurs essais cliniques portant sur la dépression bipolaire sans interruption du traitement stabilisateur.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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