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Psychédélique(s) étudié(s) : LSD, Psilocybine
Publiée le 23 mai 2018
Type : Etude par questionnaire
Auteurs : Michelle S Thiessen, Zach Walsh, Brian M Bird, Adele Lafrance
Résumé :

Cette étude examine l’association entre l’usage de substances psychédéliques au cours de la vie et la perpétration de violences envers le partenaire intime au sein d’un échantillon communautaire d’hommes et de femmes. Elle évalue également dans quelle mesure cette association est médiée par une amélioration des capacités de régulation émotionnelle.

Les résultats révèlent que les hommes déclarant avoir déjà consommé du LSD ou des champignons à psilocybine présentent une probabilité diminuée de commettre des actes de violence physique envers leur partenaire actuelle. De plus, ces hommes rapportent une régulation émotionnelle significativement plus performante, facteur qui joue un rôle médiateur direct dans la réduction des comportements violents. Cette association ne s’observe pas chez les femmes de l’échantillon.

Objectif :

L’étude vise à déterminer la relation entre la consommation passée de substances psychédéliques classiques (le LSD et la psilocybine) et la commission de violences entre partenaires intimes dans la population générale.

Elle cherche également à vérifier si les aptitudes à la régulation émotionnelle constituent le mécanisme psychologique sous-jacent qui permet d’expliquer les effets protecteurs de ces substances face aux comportements agressifs et violents.

Méthodologie :
  • Participants : 1266 adultes issus de la communauté (âge moyen : 22,78 ans ; 61,77 % de femmes), recrutés au sein de deux universités canadiennes et par des plateformes en ligne (Reddit et Amazon Mechanical Turk).
  • Consommation de psychédéliques : Mesure rétrospective sur une échelle de Likert de l’utilisation au cours de la vie de LSD et de champignons contenant de la psilocybine, codée en variable dichotomique.
  • Violence entre partenaires intimes : Évaluation des violences physiques subies ou commises au cours des douze derniers mois à l’aide de l’échelle révisée des tactiques de conflit (CTS2S).
  • Régulation émotionnelle : Mesure des difficultés de gestion des émotions au moyen de l’échelle validée “Difficulties in Emotion Regulation Scale” (DERS).
  • Variables de contrôle : Inclusion de la consommation problématique d’alcool évaluée par le test d’identification des troubles liés à l’usage de l’alcool (AUDIT) comme covariable.
  • Analyses statistiques : Modélisation par régression logistique binaire et analyses de médiation à l’aide de la macro PROCESS sous SPSS avec 5000 échantillons de bootstrap.
Résultats principaux :
  • Prévalence de l’usage : 31,90 % des participants rapportent une consommation de psychédéliques au moins une fois au cours de leur vie.
  • Diminution de la violence chez les hommes : Les hommes ayant déjà consommé du LSD ou de la psilocybine présentent une probabilité réduite de 58 % de commettre des violences physiques envers leur conjointe par rapport aux non-usagers (rapport de cotes = 0,42 ; p < 0,05).
  • Effet médiateur de la régulation émotionnelle : Les usagers masculins manifestent de meilleures compétences de régulation affective, et cette amélioration médie de manière statistiquement significative la diminution de la violence (test de Sobel : Z = -2,17 ; p < 0,05).
  • Spécificité de genre : Aucune corrélation directe entre l’usage de psychédéliques et la commission de violences conjugales n’est mise en évidence chez les femmes.
Implications cliniques :

Les conclusions de cette recherche élargissent les observations antérieures faites en milieu pénitentiaire à des échantillons de la population générale, confirmant l’existence d’un lien inverse entre substances psychédéliques et comportements violents chez les hommes.

La mise en évidence de la régulation des émotions comme facteur médiateur offre un éclairage précieux sur les mécanismes psychologiques des psychédéliques, soulignant l’intérêt d’explorer leur utilité thérapeutique pour la prévention des violences interpersonnelles et des conduites agressives.

La synthèse de cette publication académique peut présenter des erreurs. Envisagez de vérifier ses informations en consultant la publication complète.

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